Jeudi 5 septembre, Paris se réveille sous un déluge qui noie les ultimes clameurs des Jeux Olympiques. Quelques ultimes douceurs estivales se posent sur les toits en zinc d’une Ville Lumière qui peine à contenir un automne déjà en embuscade. La fourmilière de cols blancs s’agite dans le Triangle d’Or. Les Champs-Élysées sont toujours interdits de circulation, la Concorde aussi. La place Vendôme et celle de l’Opéra sont le dernier refuge de Parisiens qui vont bientôt se réapproprier leur capitale, la flamme olympique presque entièrement consumée. C’est dans cet écosystème que Trilobe a pris sa nouvelle adresse. Après presque cinq ans dans un petit bureau d’à peine 50 mètres carrés, la maison horlogère s’enracine dans un lieu qui reflète sa croissance.

Image de marque
Sur l’avenue de l’Opéra, l’atelier est à la mesure de la marque. Suffisant, mais pas excessif. Nul décorum. Pas de mobilier d’un grand designer. L’esprit reste celui d’une start-up : rien de somptuaire, chaque sou n’est pas dépensé, mais investi. C’est cette prudence qui a permis à Trilobe, de passer, en six ans, de 2 à 20 salariés.
L’atelier ne fait pas qu’abriter ces nouveaux talents. La marque internalise de plus en plus ses compétences. Elle compte quatre horlogers à plein temps, jeunes mais déjà lestés de belles expériences : Patek Philippe, Breitling, ou encore la restauration de pièces anciennes. À l’ombre des toits parisiens, au sixième étage d’un immeuble typiquement haussmannien, on jauge la progression de Trilobe. Le binôme fondateur (Gautier Massonneau et Volcy Bloch) « qui a commencé sur une planche et deux tréteaux », sourit la seconde, s’est doté d’un solide atelier composé de cinq horlogers.
Processus typiques d’une manufacture
On y retrouve les fondamentaux du métier : établis, outillage horloger, appareils de mesure et de contrôle, espaces dédiés et organisés, surchaussures de rigueur. Les mouvements proviennent toujours du Cercle des Horlogers, mais ce nouvel atelier parisien permet à Trilobe de se l’approprier, de l’optimiser, le retoucher et, surtout, d’en assurer en direct le contrôle qualité et le SAV – avec des délais de service passés de plusieurs mois à quelques semaines, ce qu’apprécient les clients finaux.
Trilobe effectue déjà dans son propre atelier l’assemblage et l’emboîtage. « Ce sont des étapes essentielles », souligne la marque. « Nous entrons de plus en plus profondément dans le mouvement ». Ces deux exercices, assemblage et emboîtage, ont d’ailleurs sorti Trilobe du Swiss Made. « Sans la moindre conséquence pour nous », explique Volcy Bloch. « Nos clients ne nous réclament aucunement du Swiss Made. Pas plus, d’ailleurs, qu’ils ne s’entichent spécifiquement du Made in France. Nous signons simplement nos mouvements ‘Paris, France’. Nous sommes fiers de porter à notre tour une part de l’héritage horloger français, mais ce n’est pas un axe essentiel de notre positionnement ».

Prochains chantiers
On note certains profils atypiques : la cheffe d’atelier est une ancienne boulangère, reconvertie au mitan de sa carrière, qui a ensuite passé 8 ans chez Patek Philippe avant de rejoindre Trilobe. « C’est très appréciable pour nous, car c’est une personne qui a le sens de l’entrepreneuriat, indissociable de l’état d’esprit Trilobe », souligne Volcy Bloch. L’équipe horlogère est appuyée par un Bureau Technique en ligne direct avec le Cercle des Horlogers, ainsi que par une équipe en charge du digital et de l’image de marque. « Mais ce qui nous manque encore, c’est un concept fort. Il sera décliné dans ce nouvel atelier, mais aussi sur nos différents stands, comme à Watches and Wonders ».
Des consultations sont ouvertes pour ces prochains chantiers, de même que pour les futurs postes d’ERP, CRM, Relations Publiques, ainsi qu’un commercial à plein temps, un directeur marketing, et toujours et encore des horlogers. « Il faut dix ans pour construire une marque », souligne Volcy Bloch, qui va bientôt inaugurer son premier corner dédié en Malaisie, avec The Hour Glass. Un important développement mouvement est également attendu pour 2025.
