En octobre, j’ai eu la chance d’être invitée au lancement du nouveau concept Richard Mille à Singapour. Il se trouve au centre de la ville, au sommet d’Orchard Road, l’artère commerciale par excellence du pays du sud-est asiatique, mais encore en-dehors du flux de passants et de touristes.
Il n’est pas rare pour une marque horlogère de luxe d’innover en matière d’accueil de ses clients pour qu’ils se sentent plus à l’aise dans un nouveau concept de zone d’accueil. Cependant, avec cet espace, Richard Mille a repoussé toutes les limites. Après avoir ouvert la (relativement petite) porte d’entrée, vous franchissez le seuil et ne pouvez réprimer une exclamation de plaisir.
« L’organisation architecturale de St. Martin crée un sentiment d’étonnement de ne pas avoir deviné qu’un tel espace pouvait exister derrière cette porte. Le découvrir vous fait vous demander quelle sera la prochaine surprise. Notre intention était de jouer avec les attentes des visiteurs », explique Alexandre Mille, directeur de la marque.
St. Martin tire son inspiration des célèbres bars clandestins de la Prohibition (les « speakeasies ») : des intérieurs inattendus se cachaient derrière la façade et les commerces « traditionnels ». Tout comme les montres de la marque que nous adorons tous, cet endroit devait être quelque chose de différent, d’audacieux, de nouveau.

Innover, innover, innover
Une philosophie de liberté a permis à l’équipe interne de quatre architectes d’intérieur de repousser les limites en matière de design, avec une inspiration puisée dans différents registres, époques et lieux autour du monde. Tout a été conçu de zéro avec un large éventail d’artisanats d’art réunis pour le design de St. Martin. Environ 30 spécialistes ont collaboré à l’agencement et à la décoration de plusieurs espaces. Grâce à un processus méticuleux d’approvisionnement, 250 matériaux – du cuir au verre en passant par le bois, le métal et la pierre – ont été triés sur le volet pour leurs qualités de fabrication et leur contribution esthétique. Un travail de collaboration qui a demandé trois ans.
Chaque centimètre de cet espace a été réfléchi. Il faudrait y passer des jours pour remarquer chaque détail. L’un des points forts est une œuvre de l’artiste visuel français William Amor : un olivier, évoquant le bassin méditerranéen si cher à Richard Mille, qui prend racine au centre du spacieux « Hub » ouvert.
L’ouverture de l’espace est essentielle. Il n’y a pratiquement pas de portes, on peut déambuler librement d’une zone à une autre. Même s’il y a 11 pièces différentes dans cet espace de 700 m2, il ne semble pas du tout confiné. Le fait qu’il n’y ait pas de séparations permet à l’espace de respirer. Tout est interconnecté et différent, avec une identité et une personnalité propres. Pourtant, tout demeure cohérent et cohésif et rien ne semble déplacé. Fluide avec des lignes douces (pour ne pas perdre le moindre centimètre d’espace), c’est un joyau architectural qui mêle volumes, formes, textures et lumière. Rien n’est tape à l’œil, tout est délicat, discret, confortable, luxueux et accueillant.
Il y a le « Crafting Space » (où l’on peut observer un horloger assembler des mouvements pour le plaisir), le Restaurant (qui sert des délices locaux), le Bar (qui fait d’incroyables cocktails maison), la « Sports Room » (avec de nombreux maillots exposés sur les murs, signés par les amis de la marque, et des écrans installés également sur les murs pour ne pas manquer la moindre seconde d’un match), le « Riad » (un patio extérieur qui vous transporte à Marrakech) et la « Hidden Library » pleine de trésors.

Impossible de mettre le doigt sur ce qui rend ce lieu si spécial, mais l’on se sent comme à la maison. Et c’était précisément le but derrière tout cela, que ce ne soit pas uniquement une boutique où présenter des montres, mais un lieu de rencontres, d’échanges et de plaisir.
Comme Amanda Mille, directrice de la marque et des partenariats, l’explique : « Chaque événement Richard Mille est l’occasion de merveilleuses rencontres. Plus qu’une simple chance de se retrouver et de partager, chacun d’entre eux permet aussi de mettre en avant les forts engagements et convictions de la marque. St. Martin a été conçu en parfaite harmonie avec cette philosophie propice à encourager les relations humaines. Cet endroit suscite les émotions et élève l’art de l’hospitalité si chère à Richard Mille, surtout grâce à une vision novatrice. »
« Bienvenue chez nous ! »
L’hospitalité est essentielle pour la famille Richard Mille. C’est pourquoi ils ont souhaité créer une atmosphère résolument chaleureuse et familiale à St. Martin : c’est comme entrer dans la maison familiale des Mille. Les premiers mots d’Amanda Mille : « Bienvenue chez nous ! », donnent le ton.

Le désir de la famille d’entrer en relation avec les clients est évident dans tout cet espace. Chaque détail, des œuvres d’art soigneusement choisies à la grande variété d’objets, reflète les différents univers issus de l’esprit de Richard Mille lui-même.
Dans le « Hub », les étagères sont garnies d’un assortiment éclectique de décorations, de livres et d’objets qui tiennent une place particulière dans les cœurs de la famille Mille. Ils racontent des histoires de souvenirs, de voyages et d’inspirations culturelles. Par exemple, j’ai été heureuse de découvrir que les fascinantes œuvres d’art (y compris la statue à l’entrée, les fresques et les peintures sur les murs) ont été créées par Guillaume Mille.
Tandis que je musardais, à la recherche d’idées et espérant absorber un peu de la créativité d’une famille qui semble baigner dedans, je suis tombée sur un livre que je me souviens avoir lu quand j’étais enfant et n’ai pu m’empêcher de sourire. Ce sont ces petites touches personnelles qui créent un lien instantané avec la marque et les personnes qui en sont à l’origine.

Et ensuite ?
C’est leur premier concept de ce genre. Les trois autres distributeurs de la marque dans le monde vont très probablement évoluer de façon similaire, même si la famille Mille a été claire : ils ne seront en aucun cas identiques. Leurs futurs concepts seront drastiquement différents les uns des autres, il n’y aura pas de copier-coller. Car quel serait le plaisir d’une telle démarche ? Comme avec leurs montres, ils ne veulent pas que leur architecture devienne paresseuse. On peut compter sur leur désir constant d’aller de l’avant, d’essayer et d’innover. Comme le dit Amanda Mille : « Nous ne voulons pas nous ennuyer ! ». Et nous lui en sommes tous reconnaissants !