Ces derniers viennent même depuis l’Australie pour y participer, comme ce collectionneur qui a lancé son média en ligne. Plusieurs constats s’imposent : la formule de l’événement est plébiscitée, il a pris une ampleur insoupçonnée à ses débuts, les organisateurs ont enrichi son offre culturelle et son programme d’activités, ils ont aussi attiré plus d’exposants (52) et de visiteurs (13800), dans un espace mieux agencé et plus étendu, tout en parvenant à maintenir les coûts, la convivialité et l’esprit de partage. Certains estiment qu’ils ont atteint un plafond.
Une formule qui plait, un esprit convivial
Depuis son lancement par Jean-Christophe Babin (CEO du groupe Bulgari) qui a su fédérer en un weekend une dizaine de patrons de marques entrepreneurs, les GWD sont autogérés, décentralisés et solidaires (les grands font profiter les petits de leur lumière et d’une grille tarifaire qui avantage les plus modestes). Aucune obligation de venir, ni de rester, beaucoup de décisions se prennent de manière démocratique autour d’un noyau dur de marques fondatrices. Toutes sont logées à la même enseigne sous le chapiteau qui abrite leurs vitrines et les dispositifs de visibilité et réunit leurs représentants et clients lors des événements sociaux (notamment la très prisée soirée GMT), chacune est libre de les accueillir par ailleurs dans leurs boutiques ou suites d’hôtels dans un rayon de 500m. Comme tout a été convenu à la majorité en amont, le déroulé s’effectue dans la cordialité et le respect mutuel, que l’on s’appelle Breitling ou Fleming. Contrairement aux salons traditionnels dans des halles, le fait de voir le ciel bleu et le soleil par les fenêtres des suites ou depuis les terrasses de la tente ou en se rendant des unes aux autres favorise aussi la bonne humeur. Mêmes les marques non officielles qui s’installent dans le périmètre pour profiter du flux sans exposer officiellement par manque de budget sont bien acceptées, sachant que la plupart du temps elles préfèrent rejoindre cette petite communauté au bout d’un an et contribuer financièrement car elles adhèrent à ses valeurs.

L’esprit collab’
L’ambiance de camaraderie se vérifie à tous les niveaux : entre les deux plus grandes manufactures (Bulgari et Breitling) dont les forces de persuasion des dirigeants sont connues pour léviter à la hauteur de la notoriété de leurs marques, et dont les joutes orales lors des discours officiels s’achèvent en éclats de rires. Mais aussi entre les micro-marques telles que Fleming, Ming et Shapiro dont les fondateurs partageaient une même (petite) suite pour annoncer leur création commune d’un bracelet en tantale adaptable aux boitiers de leurs trois entités. Dans un autre style, un collectif de 8 exposants plus ou moins connus proposaient la veille de l’ouverture leur Cool Cats Kick-Off Party, pour la plus grande joie des collectionneurs et des passionnés locaux. Reflet de cet esprit collaboratif par excellence, H-Moser & Cie a choisi de présenter aux Geneva Watch Days sa dernière nouveauté phare, un duo de montres réalisées en collaboration avec Studio Underdog.

Lancement de produits
Même si de rares exposants viennent sans nouveauté et uniquement pour garder le contact avec la communauté horlogère, il s’agit bien de présenter des modèles récents aux GWD, aux visiteurs de passage comme au reste du monde par le biais de communiqués de presse. De très nombreuses marques ont dorénavant inscrit les GWD dans leur agenda de production et s’en servent comme plateforme de lancement. Cela se vérifie aussi pour les nouveaux venus tels que Blancpain et Breguet, qui ont chacun dévoilé au public pour la première fois une dizaine de nouveautés. N’est-ce d’ailleurs pas ici que Konstantin Chaykin a annoncé avoir battu un nouveau record du monde de finesse (1,65mm) ? Sans oublier Armin Strom dont trois années de R&D ont permis de métamorphoser leur imposante Dual Time Resonance au boitier oval de 59mm de long en pure merveille esthétique au boîtier rond de 39mm de diamètre.

Des profils d’exposants et de visiteurs évolutifs
Interrogés dans les dernières 24 heures des GWD, les patrons des marques présentes depuis la première ou deuxième édition se disent satisfaits mais estiment majoritairement que le nombre de 52 marques ne devrait pas être dépassé : cela implique des rendez-vous toutes les 30mn et s’éloigne de la formule conviviale de l’origine. D’autant que le Fairmont et le Beau-Rivage qui en accueillent la majorité seront partiellement fermés l’été prochain. Par ailleurs, la diversité qui fait la force des GWD est peut être devenue trop extrêmes : certes, les micro-marques attirent certains types de collectionneurs d’exotisme horloger et de proximité avec leurs artisans fondateurs, mais quand elles ne savent pas quand ni comment elles pourront sortir leur prochain modèle, ne faudrait-il pas définir un cadre d’éligibilité à l’image du GPHG et dans l’intérêt du client final ?

Quant au profil des visiteurs, les médias sont venus plus nombreux, de même que les collectionneurs de manière significative, pour le plus grand bonheur des petites marques de niche, mais les détaillants se sont laissé désirer. A la différence de Watches & Wonders où ils sont invités (et peu les clients finaux), ils devaient prendre en charge leur transport et logement, ce qu’ils ont préféré éviter en période de vache maigre et de stocks joufflus. L’incursion début juin des GWD à Zürich s’est traduit par une hausse de fréquentation en provenance de Suisse alémanique. Faudrait-il organiser une édition en Asie ?