Il va falloir (re)faire les présentations. Si la communauté horlogère était habituée au phénomène Only Watch (2005 – 2024), la jeune pousse Time for Art doit encore montrer patte blanche pour ne pas rester un événement d’initiés. Car son concept est en réalité extrêmement simple : organiser une vente aux enchères dont 100% des sommes sont allouées à la promotion de l’art contemporain. Deux acteurs portent la vente : le Swiss Institute (promoteur suisse non lucratif d’art, installé à New York), et la maison de vente Phillips, qui va opérer les enchères à proprement parler.
La première édition de Time for Art a eu lieu en 2022 et a rassemblé 17 marques. La seconde a lieu ce 7 décembre, avec 25 marques, dont Armin Strom, Breitling, Bulgari, Carl F. Bucherer, Chanel, Chopard, Czapek, Maurice Lacroix, Reservoir, Ressence ou encore Zenith.
La diversité des propositions horlogères surprendra. C’est une bonne chose : Time for Art laisse libre champ à ses partenaires pour créer le garde-temps qui leur ressemble. Chaque maison y va donc de sa sensibilité mais, dans les grandes lignes, deux écoles se complètent.
Étiquette horlogère
La première est celle qui valorise l’expertise. Ici, nulle excentricité artistique. Le propos est technique, horloger. La montre parle d’elle-même, sans artifice esthétique. C’est le cas notamment de Breitling, qui propose pour l’occasion une magnifique Navitimer B19 Chronograph 43 Perpetual Calendar 140th Anniversary. La pièce est sur cadran vert et sera probablement la dernière chance de se porter acquéreur d’une Navitimer QP éditée pour les 140e anniversaire de la manufacture – et dont les 140 exemplaires révélés cet été sont déjà tous vendus.

On trouve une approche assez similaire chez Armin Strom. L’atelier indépendant a choisi de valoriser la mécanique très expressive de sa Mirrored Force Resonance, avec une finition Lapis-lazuli qui en sert le propos technique.

Disruption créative
En parallèle, les autres maisons choisissent une expression plus artistique. Elles sont, en nombre, majoritaires. Cette dizaine de pièces offre un panaché créatif bigarré. On y découvre l’approche très minimaliste de Ressence, en phase avec son ADN, qui a confié à Shantell Martin le design d’une Type 1.3 onirique et simple : « Enjoy Life ».

L’approche est sensiblement la même avec la Boy-Friend de Chanel où l’on découvre le dessin d’une Coco Chanel version pop art plutôt inhabituelle.

Le dessin a d’ailleurs aussi le rôle principal chez Bulgari, dont l’Octo Finissimo Chronograph GMT Sketch reprend le coup de crayon magique de Fabrizio Buonamassa côté cadran, traçant à main levée les contours du chrono manufacture.

Cette sensibilité artistique se décline aussi chez Czapek. L’atelier genevois a associé le talent de sa graveuse Michèle Rothen à celui de son cadranier Metalem qui, sur un alliage maison d’or gris, à ciselé à fleur de cadran l’intimité du mouvement de son modèle Antarctique. Un squelette en trompe-l’œil, en quelque sorte !
