L’adage dit que la haute horlogerie japonaise est le secret le mieux gardé de Suisse. Et plusieurs marques nipponnes font effectivement leur entrée sur la scène horlogère comme au poignet des amateurs hors des sentiers battus. La dernière en date est Minase (prononcez « Minazé »).
Les collectionneurs qui en tombent sous le charme le sont pour les raisons qui guident la plupart de leurs achats : une marque confidentielle, une production limitée, de l’authenticité, et un haut degré de qualité. Quatre traits qui caractérisent aussi Minase. De son giron japonais originel, la marque compte actuellement près de 50% de ses ventes à l’international - avec les proportions gardées d’une maison qui ne réalise pas plus de 500 montres par an.

Spin-off d’un groupe réputé
Comprendre Minase, c’est comprendre son origine. Au départ, il y a Kyowa. C’est une entreprise japonaise de production d’outils horlogers, établie en 1963, avec un savoir-faire reconnu à la fois pour l’usinage de formes complexes, mais aussi pour leur finition. À tel point que, en 2005, cette maison-mère décide de créer une société-fille qui use de ces talents sous sa propre dénomination. Ainsi est née Minase, du nom d’un village local à proximité du giron parental, dans la préfecture d’Akita.
Les esprits alertes feront le parallèle entre l’art du polissage et « l’autre grande maison horlogère japonaise », Grand Seiko. Celle-ci valorise son polissage « Zaratsu ». Chez Minase, il s’agit d’un polissage « Sallaz », du patronyme des deux frères qui ont inventé cette méthode de poli miroir absolu sur surfaces planes. Techniquement, « Zaratsu » et « Sallaz » sont identiques. Mais la légende raconte que le premier est en réalité la déformation phonétique du très valaisan nom « Sallaz » par les artisans japonais qui le prononçaient...« Zaratsu ». Deux noms, une même technique.

Boîtes sandwich
Au-delà de la finition, Minase se différencie par la construction de ses boîtes. Car de boîtes, il y en a en réalité presque deux : la première, conventionnelle et extérieure, et une seconde, placée dans la première, et dont le cadran représente la surface supérieure. Une conception « case-in-case », en quelque sorte. C’est la raison pour laquelle la plupart des collections Minase offrent des cadrans qui semblent flotter dans le vide. C’est aussi par cette circonférence ajourée que la lumière pénètre au cœur de la montre - un clair-obscur dont l’esthétique japonaise est historiquement friande.

Réparable à vie
Troisième et dernière particularité de Minase : son approche MORE, pour Minase Original Rebuild Equation. L’idée est, à travers cette construction « case-in-case », modulaire, d’offrir une réparabilité permanente. Chaque composant peut être aisément accessible et changé, de manière fiable et rapide, et donc à moindre coût. L’argument est important pour une marque qui se veut abordable, avec un prix moyen compris entre CHF 4'000 et 5'000.-, et des pièces vendues pour la plupart en ligne.

Minase exposera à proximité immédiate de Palexpo durant Watches and Wonders Geneva, du 31 mars au 3 avril, sur rendez-vous uniquement par cette adresse email.