Quelle heure est-il? La réponse à cette question n’est pas univoque. Il faut encore préciser à quel endroit. Nous sommes si souvent en contact avec des interlocuteurs et des situations localisés en dehors de nos fuseaux horaires. Les montres de type GMT, et plus largement celles capables d’afficher l’heure qu’il est dans plusieurs points du globe, ont trouvé là leur raison d’être.
Un seul fuseau supplémentaire, deux, trois, quatre même, la multiplication des aiguilles et des cadrans va de pair avec la typologie de nos besoins. Pour savoir l’heure qu’il est partout en tout temps, Patek Philippe avait pris en son sein Louis Cottier, inventeur d’un mécanisme d’heures universelles dont le principe d’affichage est devenu la norme du genre. Mais ces affichages sont aussi variés que nos cultures, que nos capitales.

NOUVELLE HEURE, NOUVELLE ÈRE
1954 ou 1925 ? La paternité de la première montre de poignet à double fuseau horaire appartient-elle à Rolex ou à Longines ? Peu importe pourrait-on arguer, puisque les montres de poche le faisaient déjà depuis longtemps. Elles étaient aidées en cela par leur taille confortable et leur intime lien avec le monde du rail, lui-même essentiel à la définition des fuseaux internationaux en 1884. La montre à double heure a fait du chemin depuis, voyageant vers des affichages de plus en plus complets et, dans les années 2000, véritablement innovants.
La quatrième aiguille au centre, ou dans un sous-cadran, est l’incontournable GMT. Même si le temps de référence planétaire s’appelle désormais UTC, les trois lettres qui ont inspiré le nom de notre magazine restent l’abréviation synonyme de la montre de voyage. Mais ses limites ont depuis longtemps inspiré des créations plus complexes.

UNE AUTRE HEURE EST POSSIBLE
Les affichages plus complexes, sur des rouleaux défilants chez Jacob & Co., sur des satellites rotatifs pour Hermès, sur des hémisphères par Montblanc ou Bovet, par des aiguilles escamotables à la demande chez Parmigiani Fleurier, se multiplient, montrant du doigt une difficulté essentielle de l’exercice : comment rassembler une grande quantité d’informations sur une surface de moins de 60 mm2 ?
Le lien indissociable entre mécanique, créativité, besoins réels et représentation graphique, qui est la substance même de l’horlogerie, a toujours trouvé dans les multiples fuseaux un de ses plus beaux terrains d’exercice. Les montres à heures et minutes indépendantes, indispensables pour suivre les horaires de pays au fuseau décalé de 15, 40 ou 45 minutes (dont l’Inde et son UTC +5:30), se multiplient.

COULEUR LOCALE
Celles qui affichent 24 fuseaux se doivent d’être lisibles et claires, élargissant leurs cadrans, graissant leurs typographies. Le choix des villes de référence de ces tranches horaires est d’ailleurs un exercice commercial intéressant. Une série limitée destinée au marché saoudien (UTC +3) n’a pas de raison d’arborer Moscou comme point de repère après tout. Reste une dernière option, peu exploitée encore.
Les lunettes sont occupées par des marquages, mais peu sont encore fonctionnelles à la manière de celles d’IWC ou de Rolex. Quand on sort des limites de son pays, on peut volontiers choisir une montre qui déborde de son cadre assigné. Les montres à heures d’ailleurs n’hésitent plus à le faire. Elles voyagent hors de leurs propres frontières, avec nous.
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