Lorsque l’on parcourt les collections horlogères de Cartier, les formes de boîtiers se multiplient. Et si aujourd’hui Cartier peut se targuer d’être l’horloger des montres de forme, c’est grâce à un homme, Louis Cartier. Réputé pour son goût visionnaire, passionné de tracés carrés, rectangles, ovales, coussins… de toutes sortes de géométries, même les plus inattendues!
Carré d’aviateur
C’est en 1904 que Louis Cartier entre dans la danse des formes horlogères: il crée la première montre-bracelet de l’histoire de l’horlogerie moderne, la Santos. Mais ce n’est pas tout, il ose s’émanciper de la rondeur classique des montres de poche en optant pour le carré. Cette innovation est créée spécialement pour son ami et pionnier de l’aviation, Alberto Santos-Dumont soucieux de pouvoir lire l’heure sans devoir lâcher les commandes de son aéroplane. La montre sera commercialisée dès 1911 et s’impose depuis comme un pilier créatif de la maison.

«Tonneau» façon Tortue
À peine un an plus tard, en 1912, Louis Cartier n’a d’yeux que pour une nouvelle forme, une sorte d’arc ou de tonneau à mi-chemin entre le carré et le rond. Une géométrie qui donnera naissance à la montre Tortue. En effet, les deux lignes courbes symbolisent le dessin de la carapace de l’animal. La créativité de Louis Cartier séduit le public: en 1915, les modèles Tortue et Santos sont les deux modèles les plus demandées dans les boutiques de la marque.

Inspiration ovale
1912 aura décidément été une grande année pour Cartier… C’est également cette année-là que la Baignoire, qui ne portait pas encore ce nom, et son légendaire ovale, ont été créés. Ce n’est en effet qu’en 1973 qu’elle fut officiellement baptisée Baignoire et qui continuera d’évoluer avec son temps. Son ovale s’est allongé, il s’est même décliné en différentes tailles et dernièrement, il a été monté sur un bracelet de type-jonc. Portée par différentes générations, la Baignoire fait partie des modèles de caractère de la maison.

Heureux accident
C’est du célèbre ovale de la Baignoire que sont nées les lignes improbables de la Crash dont l’histoire a débuté en 1967. Époque à laquelle un client aurait rapporté à la boutique Cartier de Londres sa montre broyée afin de la faire réparer. La maison, et en particulier Jean-Jacques Cartier, neveu de Louis Cartier et alors à la tête de Cartier Londres, fut alors séduite par la forme inédite produite par l’accident subi par le boîtier au point de vouloir la reproduire en l’état. Née en plein cœur du Swinging London, la montre Crash véhicule l’esprit d’effervescence et de singularité de l’époque. Elle cristallise la rencontre entre le grand horloger des formes et ce courant de transgression joyeuse et pop qui bouscule les conformismes.

Le galbe de la Drive
La plus récente des formes Cartier est née en 2016 avec la Drive qui s’inspire des lignes chères à l’automobile. Un carré galbé reconnu comme un coussin. En d’autres termes, un carré sur le point de se métamorphoser en rond. Une géométrie en mutation qui ouvre de nouveaux horizons à Cartier qui démontre ainsi sa volonté de conserver son statut d’horloger des montres de forme.
