Parmigiani Fleurier : la bête de course du GPHG

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Tonda PF Sport Chronograph Milano Blue © Parmigiani Fleurier
Parmigiani Fleurier n’aligne pas moins de six montres dans six catégories différentes au prochain Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG). Un record mais, au-delà, la traduction du repositionnement gagnant de la maison

L’histoire est sévère. Elle ne retient que les vainqueurs. Mais au Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG), avant de devenir vainqueur, il faut être nominé. Une étape cruciale et critique, qui consiste pour 90 pièces à entrer en pré sélection, puis à passer par les Fourches caudines des près de 700 membres de l’Académie du GPHG*, puis par celles des 30 membres du Jury, pour enfin en élire une, et une seule, dans chacune des 15 catégories représentées. Beaucoup de montres, de chiffres, de probabilités. 

Duel au soleil

Cette année, il n’y a que deux marques qui atteignent le nombre record de 6 montres en première sélection. Deux manufactures indépendantes : Parmigiani Fleurier et Chopard. Mais elles ne sont compétitrices qu’en apparence. Elles ne s’affronteront qu’en deux catégories communes (Montre Femme et Time Only). Leurs autres représentations se font en des classes différentes. Des concurrentes proches, mais finalement indirectes.

Tonda PF 36 mm © Parmigiani Fleurier
Tonda PF 36 mm © Parmigiani Fleurier

Deux années clés

Parmigiani Fleurier devient coutumier de cet engouement. En 2023 comme en 2022, l’atelier alignait déjà 6 montres en pré sélection. En 2020 et 2021, il y en avait déjà quatre. Ce duo d’années, 2020 et 2021, n’est d’ailleurs pas anodin. Ce sont deux années charnières. 

À la première, 2020, correspond la création de l’Académie du GPHG. Ce comité d’experts représente une partie de l’opinion et des ventes des garde-temps. Le nombre de ses membres, son impartialité. Sa validation est un gage de respectabilité, l’écho du marché, du terrain. 

Guido Terrini © Parmigiani Fleurier
Guido Terreni, CEO de Parmigiani Fleurier © Parmigiani Fleurier

À la seconde, 2021, correspond l’arrivée de Guido Terreni à la tête de Parmigiani Fleurier. L’homme va considérablement recentrer la marque, son design, son approche technique et esthétique. Ces deux-là vont donc se rencontrer : une Académie qui donne le la, et un CEO qui le joue. Le retour fulgurant de Parmigiani Fleurier sur la scène horlogère se construit ainsi à cette bascule des années 2020 – 2021. Dès lors, la symbiose entre ce que propose la manufacture et ce qu’en pense l’Académie est totale. La marque est repositionnée et les experts du GPHG y adhèrent. C’est ce qui va les conduire, trois fois de suite, en 2022, 2023 puis 2024 à retenir à chaque fois six garde-temps de Parmigiani en pré-sélection. 

Toric et Tonda, les siamoises

Cette nouvelle sélection confirme donc que la stratégie de Guido Terreni est juste et cohérente. L’Académie la valide sans réserve, retenant un total impressionnant de 18 montres sur trois éditions successives du GPHG. Cette orientation de la marque lui permet à la fois d’être multiple et ciblée. Multiple, car elle concourt aussi bien en Montre Homme que Montre Femme, Calendrier que Chronographe, Sport que Time Only (montres à deux ou trois aiguilles). Mais cette représentation reste éminemment ciblée, puisque seuls deux modèles s’affichent dans toutes ces catégories, la Tonda et la Toric. 

Toric Manual Winding © Parmigiani Fleurier
Toric Manual Winding © Parmigiani Fleurier

Avec ce binôme, Parmigiani Fleurier arrive donc à coiffer un large spectre du marché. Les gammes demeurent serrées, cohérentes. L’atelier ne s’éparpille pas et démontre une parfaite homogénéité de marque, d’esprit, de style. Un cas d’école où deux pions couvrent la quasi-totalité de l’échiquier. 

* l’auteur de cet article est membre de l’Académie du GPHG. 

Marque
Parmigiani