Que cache le projet « 1816 » de Louis Moinet ?

Image
Rue hommage à Louis Moinet dans sa ville natale de Bourges, France © Louis Moinet
WorldTempus a pu s’entretenir avec l’âme des Ateliers Louis Moinet, son CEO et Directeur Créatif, Jean-Marie Schaller. Objectif : lever un coin de voile sur ce projet « 1816 » sur lequel son équipe travaille depuis plus de trois ans.

À quelques semaines de Watches and Wonders, l’horlogerie retient son souffle...et ses annonces. Les Ateliers Louis Moinet ne font pas exception. Mais, depuis quelques jours, leur CEO Jean-Marie Schaller distille au compte-gouttes des informations choisies sur une pièce qui semble se nommer 1816. Qu’en sait-on aujourd’hui ? 

Jean Marie Schaller © Louis Moinet
Jean Marie Schaller © Louis Moinet

Pas une commémoration

L’année en question, 1816, est celle de la naissance du chronographe, dont Louis Moinet est l’inventeur certifié. On peut donc imaginer que la montre qui en portera la date sera, elle aussi, un chronographe. Une série limitée exceptionnelle et commémorative ? L’hypothèse semble peu plausible : en 2025, il n’y a aucun jubilé corrélé à 1816, le compte faisant 209 ans. Donc pas de pièce anniversaire à l’horizon. 

Louis Moinet © Louis Moinet
Louis Moinet © Louis Moinet

Pas une série limitée

Jean-Marie Schaller glisse par ailleurs que le modèle des Ateliers Louis Moinet, qui ne comportait jusque-là que des séries limitées, sera exceptionnellement mis de côté. Traduction : la 1816 sera la première Louis Moinet non limitée. « C’est une montre tellement importante, avec presque plus de Louis Moinet lui-même que des Ateliers qui portent son nom aujourd’hui, que nous nous sentons une responsabilité accrue, reflétée par une collection courante et pérenne ». 

Compteur de Tierces, 1816, premier chronographe certifié - vue sur mouvement © Louis Moinet
Compteur de Tierces, 1816, premier chronographe certifié © Louis Moinet

Un mouvement dédié

Concernant le mouvement, Jean-Marie Schaller nous indique un choix qu’il n’a pas fait : prendre un calibre existant, et le transformer. « C’est une option que j’ai rapidement écartée. D’abord, vis-à-vis de Louis Moinet, c’eut été presque une trahison. C’était un homme d’une telle passion que ce que nous présentons aujourd’hui doit correspondre à ce qu’il aurait fait. On doit y retrouver la même empreinte d’authenticité. D’autre part, pour l’affichage que nous prévoyons, il n’existe aucune solution technique présente sur le marché ». 

Traduction : 1816 sera équipé d’un nouveau calibre, 100% maison, dédié uniquement à cette pièce. On peut imaginer qu’il a été dessiné par le partenaire de longue date des Ateliers Louis Moinet, Concepto, et / ou assemblé et réglé dans l’atelier de la maison hébergé par Mercier aux Breuleux. Seul détail lâché par Jean-Marie Schaller : « 330 composants ». Nous n’en saurons pas plus, mais c’est un nombre élevé pour un chronographe, qui laisse deviner une conception « à l’ancienne », et non une approche moderne ultra optimisée à des fins de réduction des coûts. 

Compteur de Tierces, 1816, premier chronographe certifié - vue sur mouvement © Louis Moinet
Compteur de Tierces, 1816, premier chronographe certifié - vue sur mouvement © Louis Moinet

Dans les collections actuelles, il faudra donc envisager 1816 comme une pièce maîtresse des collections Louis Moinet. Non limitée et surtout complémentaire de Memoris, le chronographe hommage sorti en 2016 pour les 200 ans de l’invention du chronographe. Il est ainsi probable que 1816 et Memoris s’adressent à deux publics différents. 

Un format plus réduit ? 

Reste l’apparence de la pièce. Ces dernières années, Jean-Marie Schaller a dessiné des garde-temps progressivement plus petits, quittant les diamètres des 43 à 46 mm, pour descendre à 42 mm, et en dessous. 1816 devrait suivre la même tendance, ce que confirmerait son orientation non limitée et destinée à un plus large public. À quel prix ? « Vous serez surpris... », conclut Jean-Marie Schaller sur un sourire.

Marque