Malgré leur dénomination parfois obscure, ils sont devenus connus du grand public. On les appelle 7750, 2892, 6497. Ce sont des mouvements de base. En pratique, des calibres assez simples, accessibles, génériques, qui se sont imposés dans le marché de la sous-traitance horlogère depuis des décennies. Ils ont équipé des millions de montres, et continuent de le faire aujourd’hui – quitte à ce que les marques se les approprient avec des modifications parfois mineures et changent leur désignation pour masquer leur origine et, dans le même temps, accroître leur propre prestige.
Naissance du C101
Pour un motoriste, disposer d’un mouvement de base est donc un élément essentiel de sa stratégie et de sa pérennité. Chronode, créée il y a 20 ans par Jean-François Mojon, faisait toutefois jusqu’à présent figure d’exception. L’entreprise n’a pas disposé de mouvement de base pendant 10 ans. À la place, elle s’est rapidement spécialisée sur les complications, le haut de gamme, et les développements spécifiques élaborés en proximité avec des clients renommés.

En 2014, l’atelier a proposé son premier mouvement de base : le C101. Il était à l’image de l’établissement : différent, unique, à remontage manuel et avec sept jours de réserve de marche. Un calibre de belle facture, mais pas véritablement destiné à être généralisé dans une industrie où règne le trois-aiguilles automatique !
Avènement du C102
Chronode a donc complété son catalogue il y a quatre ans avec le C102. C’est un mouvement relativement grand (30,5 mm de diamètre), cadencé à 4 Hz, doté d’une solide réserve de marche de 60 heures minimum et d’un remontage automatique. Mais ses spécifications techniques ne sont pas sa principale force. Chronode offre à ses clients d’en disposer à l’unité, une option rigoureusement impossible pour les mastodontes de l’industrie de mouvements qui ne livrent qu’à partir d’un volume minimal de commande, souvent imposant.

De surcroît, le C102 peut-être personnalisé à partir de 10 pièces seulement, ce qui lui permet de s’adresser à des marques indépendantes ou bien d’offrir la flexibilité de séries limitées à haute valeur ajoutée.
Clients prestigieux
Plusieurs marques s’en sont emparées, et non des moindres. Czapek est l’un des clients historiques du C102, mais pas le seul : le tout premier utilisateur du C102 est Cyrus. En se l’appropriant, la marque indépendante a démontré deux choses. D’abord, l’extrême variété des finitions que l’on peut apporter au calibre : terminaison, décoration, mise en couleur, finition squelette, sont autant d’options qu’il est possible d’activer à la demande. Mais au-delà, sur le plan technique, en intégrant la Klepcys Dice, le C102 a prouvé sa capacité à associer des complications particulièrement techniques et gourmandes comme, ici, un double chronographe.

Le C102, avec son couple important, pourrait d’ailleurs aller plus loin, en intégrant notamment un quantième perpétuel, une grande date, du rétrograde, un GMT (que Cyrus propose déjà), des phases de Lune, et la quasi-totalité des complications courantes. Même la petite seconde peut être décentrée à 6h, à 9h, voir être réintégrée au centre si besoin. La géométrie du mouvement, ses ponts, ses couleurs, sa décoration, sont personnalisables. Le C102 peut en outre être certifié COSC. D’autres marques comme Pragma, mais aussi la très remarquée Leica, l’ont adopté. Ainsi que toutes celles dont on ne pourra pas citer le nom...