Le sillon progresse lentement, mais il est profond. Karl-Friedrich Scheufele est un homme de labeur, qui travaille sur le temps long. En 1996, le co-président dote Chopard de sa propre manufacture. Depuis, chacune des créations de la maison s’affine, mûrit. La comparaison avec du vin de prestige ne serait pas vaine pour cet amateur de grands crus.
Beauté cachée
La manufacture procède par sédimentation, capitalise sur ses acquis et imprime, jour après jour, sa marque dans la Haute Horlogerie. Parfois de manière inattendue. La L.U.C Qualité Fleurier en est l’exemple. L’amateur distant pourrait ne pas la considérer à sa juste valeur. Car avec ses 39 mm, ses trois aiguilles et sa boîte acier, la pièce se refuse à l’éclat des grands soirs.

Ce serait mal la connaître. Elle est en Lucent Steel, l’acier maison recyclé à 80%. Aucune autre manufacture indépendante ne sait en faire autant. C’est un privilège que s’offre Chopard qui, par ailleurs, possède sa propre fonderie. C’est aussi la première fois qu’un garde-temps façonné dans ce métal est certifié Qualité Fleurier. Le dernier-né de la collection L.U.C est donc un authentique chronomètre qui battra la seconde 65 heures durant. Mais de tout cela, comme des cornes soudées chères aux collectionneurs, on ne verra rien de l’extérieur : la nouvelle L.U.C Qualité Fleurier est une pièce de puriste (très) averti.

Sonnerie saphir
La nouvelle L.U.C Full Strike emprunte un chemin similaire. La pièce se comprend par la trajectoire de ses aînées : elle a d’abord été éditée en or éthique, en acier cémenté, en platine et en saphir. Or l’on sait que Chopard travaille également des matériaux non conventionnels à forte valeur ajoutée. Le titane céramisé de cette L.U.C Full Strike est donc une suite logique.
Mais alors que la plupart des répétitions minutes sont dépendantes du matériau de leur boîte pour en propager le son, Chopard s’en dispense : son mouvement utilise des timbres en saphir, en faisant de la glace le résonateur, puis en liant ces deux composants en une seule pièce. Le rôle acoustique de la boîte est donc relativement secondaire, ce qui permet à Chopard de se concentrer sur sa résistance aux chocs et aux rayures.

Côté cadran, on appréciera enfin l’impertinence chromatique de son vert-de-gris – une première chez Chopard – qui n’est pas sans rappeler le laiton vieilli des instruments maritimes dont on sait Karl-Friedrich Scheufele être un friand collectionneur.
Métiers d’art au sommet
Cette répétition minutes ne sera éditée qu’à 20 exemplaires. C’est peu, mais plus que la L.U.C Quattro Spirit 25 « Year of the Dragon », qui ne trouvera que 8 propriétaires. Elle rassemble le meilleur des deux précédentes : une mécanique sobre (une aiguille centrale, heure sautante par guichet, 8 jours de réserve de marche), conjuguée à un cadran très expressif.
Il est en or paré d’un émail grand feu, sculpté au laser pour laisser émerger un dragon dont le corps est peint, rehaussé d’une crinière et de moustaches en or gravé main. Les cornes sont en marqueterie de six essences de bois. Perle et nuages sont en nacre. Une odyssée onirique et technique elle aussi certifiée Poinçon de Genève.

Cet article est un extrait du nouveau magazine GMT XXL World, qui sortira lors des Geneva Watch Days le 29 août. Vous pouvez précommander votre exemplaire ici.
