L’horlogerie et la gastronomie présentent de nombreux dénominateurs communs. Ce sont tous les deux des métiers d’art, ils demandent une précision extrême ainsi qu’une exigence absolue, et ils ne procurent que du plaisir. Ce qui explique le fait de voir se multiplier les chefs métamorphosés en top models à toque, afin de devenir ambassadeurs des plus prestigieuses manufactures horlogères. Nous leur avons tous posé la même question, afin de pouvoir décrypter ce phénomène en tant qu’insider : « Comment expliquez-vous le fait de savoir que de nombreuses manufactures horlogères se rapprochent du monde de la cuisine et choisissent des chefs comme ambassadeurs-partenaires ? »
Voici leur réponses…
Jaeger-LeCoultre - Nina Métayer
« Nous sommes tous deux en quête d'expériences pour nos clients, et la gastronomie vient agréablement clore un moment délicat passé à la découverte d'un univers. Nous proposons communément des histoires, à la convergence de l'amour du détail, et, patiemment, faisons apparaître avec minutie de la beauté. Finalement, l'union d'artisans qui ont des envies d'émotions est très naturelle ».
Nina Métayer, cheffe pâtissière élue Meilleur Pâtissier de l'année en 2016 par le magazine Le Chef, et en 2017 par le guide Gault et Millau, est reconnue pour l’originalité́ de son travail, son sens artistique et ses créations aux saveurs d’exception. Elle explore de nouveaux territoires, transformant la pâtisserie en forme d’art à part entière.
Elle porte une Reverso Classic Medium Thin en acier à remontage manuel, CHF 8'600.-.
Zenith - Matthieu Dupuis-Baumal
« Je trouve que le rapprochement entre ces deux mondes - gastronomie et horlogerie - est très cohérent. En effet, les chefs bénéficient aujourd'hui d'une belle visibilité dans notre société. Ils mettent en lumière le métier de chef, avec ses exigences et les nombreuses étapes pour atteindre l'objectif ultime de l'excellence. Ils partagent et incarnent les mêmes valeurs que le monde de l'horlogerie : la minutie et le sens du détail pour atteindre son but, son étoile ».
Matthieu Dupuis-Baumal, ancien sportif à la personnalité atypique, une étoile Michelin, est établi au Château de la Gaude près d'Aix en Provence. Il s’inspire de ses nombreux voyages, notamment en Asie, et revisite les standards de la cuisine française. Sa créativité transporte ses clients dans un voyage culinaire subtile et raffiné.
Il porte un chronographe Defy Extrême en carbone et titane automatique monté sur un bracelet en caoutchouc, CHF 24'900.-.
Omega – Thierry Marx
« Le monde de la cuisine et le monde de l’horlogerie sont deux mondes d’exigence et de qualité en symbiose. Les chefs sont extrêmement liés à l’impact du temps. Un chef doit pouvoir maîtriser le geste, le feu, la cuisson et le temps. Le temps pour faire, ce qui fait de lui un professionnel, mais aussi le temps de la saisonnalité. Un chef ne peut pas travailler sans horloge ou sans montre. Il est donc logique que l’univers de la cuisine résonne avec celui de l’horlogerie ».
Thierry Marx, sportif de haut niveau et nommé Cuisinier de l’année en 2006 par le Gault & Millau, deux étoiles Michelin, est connu pour sa cuisine moléculaire. Très médiatisé, il a participé à plusieurs saisons de Top Chef.
Il porte un chronographe Speedmaster en acier à remontage manuel, CHF 7'500.-.
Cartier - Cédric Grolet
« La première chose que j’aimerais dire, c’est que je suis très fier qu’ils le fassent et qu’ils se mettent sur un tel positionnement à l’image de ce qui est fait aujourd’hui avec moi. L’horlogerie - dans sa globalité - est un univers de précision et très perfectionniste, et la pâtisserie, le métier de pâtissier, est également un univers qui se veut précis et très créatif. Je trouve que nos deux mondes se rejoignent et se ressemblent ».
Cédric Grolet, chef pâtissier au Meurice à Paris, a été sacré meilleur pâtissier du monde en 2018 et est le plus suivi de la profession sur les réseaux sociaux. Tout le monde le connaît pour ses fruits sculptés en trompe-l’œil.
Il porte une Pasha squelette en acier DLC automatique, CHF 27'900.-.
Bell & Ross - Julien Dugourd
« L’horlogerie et la pâtisserie partagent de nombreuses valeurs : le savoir-faire, la technicité et la créativité. De plus, les chefs ont souvent recours à la précision horlogère lors de la réalisation de leurs créations culinaires. Le temps est au cœur de la gastronomie et de la pâtisserie. Ainsi, certaines marques horlogères se sont naturellement rapprochées des chefs, car les deux secteurs demandent minutie, souci du détail et maîtrise artisanale ».
Julien Dugourd, un des chefs pâtissiers les plus en vue de sa génération, qui se distingue par une pâtisserie au design élégant, contemporain et coloré. Ses desserts sont légers et peu sucrés, tout en alliant gourmandise et variations de textures. Il ouvre cet été deux nouvelles pâtisseries, à Paris et à Nice.
Il porte une BR01 Cyber Skull en bronze à remontage manuel, CHF 11'100.-.
Hublot – Anne-Sophie Pic
« Je pense que l’horlogerie et la cuisine ont beaucoup de points communs : la sélection attentive des matériaux, l’héritage d’un savoir-faire artisanal, la passion de créer du beau pour procurer des émotions. Deux univers où l’innovation s’exprime chez les femmes et les hommes qui repoussent leur créativité à travers l’exploration et l’audace. Les chefs et les artisans horlogers œuvrent à trouver le juste équilibre entre les matières d’hier, d’aujourd’hui et de demain, l’harmonie entre un savoir-faire historique et l’innovation. Chefs et horlogers incarnent un héritage ; nous construisons une histoire, nous écrivons à notre façon une page de la gastronomie, une page de l’horlogerie, avec humilité et beaucoup de passion ».
Anne-Sophie Pic, une autodidacte, instinctive, intuitive, qui associe les saveurs inédites, aime les goûts peu consensuels et les ingrédients mal aimés ou oubliés. Une cheffe qui a la cuisine dans le sang, l’invention et la créativité dans le coeur. Si les 3 étoiles brillent dans son firmament depuis 1997, elle est la cheffe la plus étoilée au monde avec 8 étoiles pour ses 4 restaurants de Valence***, Paris*, Lausanne** et Londres**.
Elle porte une Big Bang en acier et diamants automatique, CHF 14'900.-.
Blancpain - Glen Viel
« L ’exposition médiatique des chefs n’a cessé de se développer ces dernières années. Cette starification existe et s’est accélérée avec la multiplication des programmes dédiés à la cuisine et à la gastronomie à la télévision. Les marques ont donc saisi l’opportunité d’associer leur image à celle – positive - de ces chefs, ce que je comprends. Je suis personnellement séduit par l’authenticité de cette démarche autour de valeurs communes : précisions des gestes, exigence, souci du détail, respect des matières premières, du terroir et transmission du savoir-faire ».
Glen Viel, chef du restaurant l'Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence, trois étoiles au Guide Michelin, prône une cuisine écoresponsable. Il a développé autour de son restaurant un potager bio, des ruches ainsi qu’une ferme pédagogique, et fabrique à partir de ses déchets de cuisine ses propres engrais pour le potager. Il a également mis en œuvre la technique innovante des cailloux d'assaisonnement pour remplacer le sel.
Il porte une Fifty Fathoms en titane automatique, CHF 15'900.-.
Audemars Piguet - Emmanuel Renaut
« Nos métiers se rejoignent sur de nombreux plans. Nous faisons de belles choses, la précision fait partie de notre quotidien. Le travail de l’horloger est précis à la seconde près, le mien est précis au degré près. Nos métiers sont des métiers d’ouvriers. Un chef doit travailler des milliers d’heures avant de pouvoir sortir un plat gastronomique. Même chose pour un horloger avant d’être capable de présenter une complication ».
Emmanuel Renaut, trois étoiles Michelin, a fait ses armes auprès de chefs renommés, tels qu’Yves Candeborde, Eric Frechon, Christian Constant et Yves Thuriès. Surnommé le Roi de Mégève depuis qu’il a ouvert le Flocon de Sel, il lance aujourd’hui la table de l’Hôtel des Horlogers situé dans la Vallée de Joux. Il fait partie de cette nouvelle génération de chefs qui réinventent le terroir en usant du produit local avec malice.
Il porte une Royal Oak Jumbo en acier automatique, CHF 31'300.-.
Breitling – Juan Arbelaez
« Pour moi, cela s'explique probablement par une similarité entre le monde de la cuisine et le monde de l'horlogerie. Dans la cuisine, le temps est un élément clé pour l'exécution d'un plat et l'exécution d'un service. Une certaine rythmique de temps se met en place pour que chaque étape de la préparation soit parfaitement synchronisée, de même qu'en horlogerie - la précision du temps est essentielle. De plus, comme la cuisine, l'horlogerie est un artisanat qui demande une grande attention aux détails et une passion pour le travail minutieux. Je pense que ces similitudes expliquent pourquoi la cuisine et l'horlogerie sont deux mondes qui se rejoignent et peuvent se compléter harmonieusement, étant moi-même particulièrement sensible à l'importance du temps et de la précision dans la cuisine. Pour moi, chaque plat est comme une montre, qui doit être soigneusement préparée et présentée dans les règles de l'art. Je pense que les manufactures horlogères ont compris cela, et c'est pourquoi elles cherchent à s'associer avec des chefs pour promouvoir leur savoir-faire et leur passion pour la qualité et la perfection ».
Juan Arbelaez, chef colombien basé à Paris, a été formé à l’école Cordon Bleu. Il ouvre son premier restaurant en 2013. Dès lors, ses projets se succèdent, aussi bien à la télévision, en tant que chroniqueur, qu’en cuisine. A découvrir absolument : son restaurant Bazurto dans le VIème arrondissement à Paris, pour une ambiance décontractée et une cuisine colombienne à partager.
Il porte un chronographe Navitimer B01 en acier automatique, CHF 8'750.-.