La Seconde Guerre mondiale vient enfin de s’achever, le destin va réunir trois hommes sans qui la Fifty Fathoms n’aurait jamais vu le jour. Jean-Jacques Fiechter, PDG de Blancpain de 1950 à 1980, lui-même plongeur, rêvant de réunir les deux aspects essentiels de son existence : l’horlogerie et la mer. Deux héros des forces françaises libres, le capitaine Robert « Bob » Maloubier et le lieutenant Claude Riffaud, à l’initiative de la création par l’armée française d’une unité de nageurs de combat. Un corps d’élite dont la mission consistait à conduire des activités d’espionnage sous-marin ainsi qu’à mener à bien des actes de sabotage tels que la destruction de navires ou l’attaque de ports. Autant de hauts faits réalisés par des hommes-grenouilles qui œuvraient le plus souvent de nuit.

Afin de mener à bien ce type de missions, le capitaine Maloubier et le lieutenant Riffaud avaient besoin d’instruments fiables et robustes, dont une montre de plongée. Pourquoi ? En premier lieu, pour mesurer les temps de plongée et ne pas dépasser la durée de la réserve en oxygène des soldats. Mais aussi pour la capacité d’un tel instrument à chronométrer le temps nécessaire afin d’atteindre des objectifs de navigation. Ne trouvant pas ce dont ils avaient besoin sur le marché, ils décidèrent de contacter Jean-Jacques Fiechter, PDG de Blancpain. C’est ainsi que la genèse de la Fifty Fathoms débuta…

Les trois hommes sont sur la même longueur d’onde, le projet se concrétise rapidement : « Une montre avec un cadran noir, de grands chiffres et des indications claires sous la forme de triangles, cercles et carrés ainsi qu’une lunette extérieure pivotante reprenant les repères du cadran. De quoi être, au début d’une plongée, en mesure de positionner la lunette en regard de la grande aiguille des minutes afin d’indiquer le temps restant. Tout ceci grâce à des repères aussi évidents qu’une étoile pour un berger. »

À la fois passionné, spécialiste et visionnaire, Jean-Jacques Fiechter va plus loin en apportant plusieurs pierres à l’édifice. Une lunette tournante unidirectionnelle afin d’éviter une rotation involontaire de nature à faire croire au plongeur que la plongée avait commencé plus tard que cela était le cas. Un fond vissé pour une étanchéité optimale. Un mouvement à remontage automatique pour diminuer le nombre de manipulations de la couronne et ainsi ne pas mettre en péril l’étanchéité du boîtier. Une protection contre les champs magnétiques, indispensable à un garde-temps utilisé à des fins militaires. Et enfin, un indicateur d’humidité situé à six heures. Sous la forme d’un petit cercle, il affiche une teinte bleue si l’air dans le boîtier est sec. À la moindre pénétration d’eau, la couleur passe au rose en guise de signal d’alarme.

Les trois hommes ont décidément pensé à tout et, en 1953, la Fifty Fathoms, comme 50 brasses en anglais, voit le jour. Dès lors, elle répond parfaitement aux besoins des nageurs de combat, mais pas seulement… Le commandant Cousteau découvre la Fifty Fathoms de Blancpain et la choisit pour ses plongées historiques, immortalisées par le film Le Monde du silence, qui remporta un Oscar et la Palme d’or au Festival de Cannes en 1956.
La légende débuta ainsi pour ne plus jamais s’arrêter… La Fifty Fathoms fut même livrée à l’armée américaine et s’imposa comme une véritable source d’inspiration pour toutes les montres de plongée à venir.

Une montre-instrument aujourd’hui hissée au rang d’icône, qui représente l’un des principaux piliers créatifs de Blancpain. Ce qui explique la raison pour laquelle la manufacture décline la Fifty Fathoms en de nombreuses versions sous la collection Bathyscaphe.