La Tortue fait son bonhomme de chemin. Élégante, la création est originale et 100 % féminine. Les deux sont suffisamment rares pour être soulignés : la pièce n’est pas une montre masculine entourloupée de quelques diamants pour changer de genre. Elle est née pour femmes, conçue comme telle, et même dessinée par une femme. Ce qui devrait être la règle demeure hélas une exception en horlogerie, et mérite donc l’attention.

Petite Tortue
Le diamètre est modéré, seulement 31 mm au plus large. Les courbes sont douces. On apprécie les cornes qui le sont également, dans la juste continuité de la boîte. La Tortue n’offre aucun angle. Le traitement plaqué or est vif et promet un beau contraste sur bracelet noir. Le cabochon sur la couronne sera peut-être superflu, selon les goûts de chacune. Voilà pourquoi Claude Meylan le propose en option ! Une idée amusante, un point de détail, mais qui permet à chaque cliente d’avoir non pas une Tortue Lady, mais sa Tortue Lady.
Damier pour dames
La construction de la pièce lui offre trois espaces d’expression : la platine du mouvement, le cadran horaire, et la masse oscillante à 6 h. Il est possible de les habiller d’un même décor ou, au contraire, d’alterner les finitions pour mieux les singulariser.

Dans la version aujourd’hui présentée par Claude Meylan, les trois éléments ont la même décoration. Il s’agit d’une microsculpture en damier, passée en traitement gris. Chaque carré est individuellement gravé de motifs linéaires qui lui sont propres. Les lignes d’une case ne sont donc pas alignées avec celles de la case d’à côté.
Variations de gris
L’idée est créative et surtout judicieuse : en fonction de l’orientation des lignes de chaque case, la lumière n’accroche pas la matière de la même manière. En conséquence, selon un angle de lumière donné, une case apparaîtra gris clair, mais celle d’à côté, noire – avec toutes les nuances intermédiaires sur les cases adjacentes.
Prise de face avec une lumière homogène – ce qui n’arrive jamais en réalité, mais se voit sur les photos de catalogue – la Tortue Lady Damier est d’un gris souris uniforme. Mais une fois au poignet, comme par magie, la pièce s’expose en multiples dégradés anthracites, allant du gris ardoise lumineux, jusqu’au noir pour les surfaces qui n’accrochent aucun photon. Ludique et expressif !

Tortue Squelette
Au final, ce que cette habile composition souligne, c’est la vocation même des créations Claude Meylan : des mouvements squelette, réduits à l’essentiel, dont l’architecture se dessine par un jeu d’ombres et de lumière.
Chaque composant, chaque organe est en suspension dans le vide. L’échappement à 9 h se déploie dans un ballet aérien, arrimé à un pont traversant auquel s’arrime la masse oscillante à 6 h. Elle flotte, libre, et remonte le calibre 2681 de ses 42 heures de réserve de marche – une base ETA éprouvée, mais fortement transformée par Claude Meylan pour obtenir cette composition aérienne d’une belle élégance.