Lorige est une marque horlogère franco-suisse, jeune et à fort potentiel, créée en 2018 après la rencontre au Mans de deux passionnés de sport automobile Emeric Paraud et Clément Etienvre, leur objectif étant à travers leurs montres de susciter et transmettre de l’émotion semblable à celle ressentie sur des circuits. Ils ont su trouver des investissements pour le lancement de leur production et s’entourer de fournisseurs reconnus dans l’industrie horlogère, tels Timeless pour les mouvements et Régence Production pour les pièces extérieures de la montre (lunette, couronne, aiguilles...). UN SET DE FREINS PROVENANT DE LA
Formule 1 d’Ayrton Senna
Pour ce modèle, Lorige plonge dans l’histoire de la course automobile pour créer un garde-temps hors du commun dont le boîtier est usiné à partir des plaquettes de frein en carbone/carbone de la McLaren MP4/8 pilotée par Ayrton Senna lors de la saison 1993. Légende de la F1, triple champion du monde, il termina 2e de cette saison après un duel épique avec le français Alain Prost. Lorige s’est donné pour mission de concevoir et fabriquer un modèle digne de cette histoire automobile qui ne peut être réalisé qu’une seule fois, et en huit exemplaires seulement. Il a fallu plus de trois ans aux deux associés, pour breveter les techniques spécifiques de retraitement du carbone/carbone des freins du véhicule de course pour les transformer en boîtiers de montres.
À pièce exceptionnelle, mouvement exceptionnel
Lorige a décidé de développer un premier mouvement Tourbillon Volant Central, en s’appuyant sur le travail de Dominique Renaud et sur l’expertise du regretté Pierre Favre. Le mouvement LOR-TC01 (TC pour Tourbillon Central), conçu en collaboration avec Timeless unité Renaud-Favre, repose sur un cahier des charges très simple en apparence mais d’une grande complexité dans sa réalisation. Sa structure condensée et ses différentes finitions accentuent les lignes de chaque élément sans vraiment faciliter l’assemblage des 323 composants du mouvement. La cage supérieure du tourbillon est en titane, ce qui complique encore le processus des quatre terminaisons, surtout sur des surfaces si petites, la pièce ne mesure que 13,6 mm de diamètre.

Mouvement de haute horlogerie
Le mouvement est ainsi un véritable calibre de haute horlogerie, comme en témoigne le souci du détail tel que le chanfreinage des roues du pont inférieur pour éviter les interférences avec d’autres rouages ou encore les dentures des barillets usinées après le traitement de la pièce. Autant d’étapes qui ajoutent à la complexité de la fabrication de ce mouvement.
Évidemment, Lorige a voulu imprégner la pièce de certains codes et détails de l’univers auquel elle se réfère. Ainsi, le tourbillon est placé au centre de l’ensemble tout comme le pilote dans une automobile, les deux barillets adoptent le design esthétique des jantes Speedline de l’époque, et la fixation du mouvement s’effectue par des « tirants », comme ceux des trains roulants de monoplaces.
« Ce mouvement dont nous sommes à l’origine avec Pierre Favre, est un véritable défi technique réalisé par une fantastique équipe d’horlogers et techniciens. Sa fabuleuse architecture aérienne centrale possède d’une part, un tourbillon suspendu, et d’autre part un affichage analogique heures et minutes à disques sur roulement à billes. Chacun d’eux reçoit, de manière totalement indépendante, sa propre énergie venant d’un des deux barillets dédiés. Tout cela a été fait dans l’idée de lissage des forces et des perturbations chronométriques, fidèle à l’esprit même du tourbillon. Les créateurs de chez Lorige à l’initiative de ce magnifique projet, ont su réunir plusieurs mondes de haute technologie. En effet, le boîtier de la montre est taillé directement dans le carbone/carbone des plaquettes de frein ayant servi sur une voiture extraordinaire ! Le tout amenant une part d’histoire et de rêve... »
Dominique Renaud, concepteur horloger

À cela s’ajoutent des clins d’œil à l’histoire, par exemple, les trois championnats du monde de Formule 1 du pilote brésilien sont gravés dans la cage supérieure en titane du tourbillon, mais aussi les rappels du jaune de son casque mythique, et la réserve de marche de 93 heures fait même référence à l’année des freins en carbone/carbone utilisés pour façonner les boîtiers. La lunette en or gris rappelle également les courbes des F1 des années 90. Tant de détails qui lui donnent tout son caractère, que l’on peut découvrir au fur et à mesure en parcourant cette pièce spectaculaire.
Le carbone/carbone, un matériau extrême
Trois ans de R&D ont été nécessaires pour trouver un procédé permettant de retraiter le matériau, de le rendre étanche et de pouvoir l’usiner tout en ayant une finition digne de l’horlogerie… un vrai défi !
Le retraitement du carbone/carbone est breveté par Lorige. La composition de ce carbone pauvre en résine ne permet pas de l’utiliser dans son état normal pour fabriquer des boîtiers de montres. Contrairement aux principaux carbones utilisés en horlogerie (forgé, TPT, etc.), Lorige a dû retraiter la matière pour la rendre plus dense et donc étanche, alors qu’un carbone forgé peut être usiné directement sans aucune étape de retraitement.
Chaque boîtier en carbone Lorige nécessite plus de 30 heures de temps de fabrication, avec environ 10 étapes différentes, 5 phases d’usinage complexes, environ 10 outils par phase, dont des fraises de 0,2 mm. Chaque boîtier est unique de deux faits : de la trame aléatoire des fibres de carbone des plaquettes de frein et de l’année de production de la plaquette de frein, c’est même le style des fibres qui est différent (fibres droites, fibres courbées…).
La densité du carbone en fait un matériau très léger, un boîtier Lorige pèse seulement quelques grammes. Il a fallu plus de trois ans aux deux associés, pour breveter techniques spécifiques de retraitement du carbone/carbone des freins du véhicule de course pour les transformer en boîtiers de montres.

Une édition en 8 exemplaires uniquement
Huit montres AS-01 seront produites car les dimensions du boîtier, qui mesure 40 x 50 mm, sont taillées dans seulement huit plaquettes provenant des freins de la McLaren MP4/8 pilotée en 1993 par le légendaire Ayrton Senna. Cette année-là, les plaquettes de frein avaient une largeur de 67 mm et une hauteur de 53 mm, permettant ainsi l’usinage d’un seul boîtier en carbone à partir de chaque plaquette. Témoins d’une époque mythique du sport automobile mondial, seuls huit heureux propriétaires pourront porter un véritable morceau d’histoire au poignet.