Jean-Marie Schaller, fondateur et directeur créatif des Ateliers Louis Moinet, n’est jamais à court d’idées pour célébrer la mémoire de « Louis », comme il aime à l’appeler par son prénom. L’entente à travers les siècles est, entre les deux hommes, tangible. Dans son bureau de Saint-Blaise, Jean-Marie Schaller travaille en permanence sous le regard de l’auguste horloger, dont le tableau orne les murs. C’est donc avec le poids et la responsabilité de l’histoire que les Ateliers qui portent aujourd’hui son nom dévoilent une pièce proche du premier chronographe de l’histoire : le Compteur de Tierces réalisé par Louis Moinet en 1816.
La création est révélée durant Watches and Wonders, à Genève. Son importance est telle que les Ateliers en font l’unique véritable nouveauté de toute l’année 2025. La concentration est donc maximale sur ce chronographe inédit qui rend un hommage appuyé à son ancêtre.
Un air de famille assumé
Côté cadran, la filiation esthétique est manifeste. On retrouve l’apparence tricompax de la pièce d’origine. La disposition des compteurs y est singulière : les secondes et les minutes (à compteur instantané) sont excentrées vers le haut du cadran ; le compteur de 12 heures, légèrement surdimensionné, est à 6h. C’est une transcription fidèle du Compteur de Tierces de 1816. Cela dit, nous le verrons plus tard, cette disposition n’a pas été sans incidence sur le mouvement.
L’aiguille centrale initialement dédiée aux tierces est remplacée par le trio conventionnel des heures, minutes et secondes. En revanche, les Ateliers ont préservé l’échelle de mesure du soixantième de seconde, avec une gradation de 6 en 6.
Autre adaptation à la modernité : les poussoirs de déclenchement, d’arrêt et de remise à zéro sont basculés sur le côté droit de la carrure, pour plus de praticité - et pour cause, puisque le Compteur de Tierces était une montre de poche, et que la 1816 est une montre-bracelet. Néanmoins, la géométrie des poussoirs du chronographe est fidèle à ce que l’on trouvait il y a plus de deux siècles sur l’invention de Louis Moinet.
Premier bracelet métal des Ateliers Louis Moinet
L’autre grande nouveauté, c’est son bracelet en titane. C’est le premier réalisé par les Ateliers Louis Moinet. Il s’inscrit dans la vague actuelle célébrant le retour du bracelet métallique, tel que l’on en trouve chez de nombreuses marques indépendantes. Il n’offre qu’un seul maillon central satiné, avec de discrets inserts polis miroir pour en assurer l’articulation. La géométrie est élégante, atypique, et permet à la 1816 d’afficher une modernité revendiquée.

Mouvement manufacture et sur mesure
Côté mouvement, la disposition des compteurs du chronographe a exigé le développement d’un calibre sur mesure. Il comporte 330 composants. Il est ébauché par Concepto (La Chaux-de-Fonds) et assemblé aux Breuleux, dans l’atelier de la famille Mercier, avec laquelle Jean-Marie Schaller travaille depuis 15 ans. Ce mouvement est exclusif à 1816. Il dans l’esprit typique du début du 19e siècle, proche des constructions de la Vallée de Joux.

Il comporte de larges ponts. Construit sur la hauteur, il offre une belle profondeur à l’échappement. Pour la première fois chez Louis Moinet, ce dernier doté d’un col de cygne. Le mouvement, d’une finition exemplaire, est offert dans une boîte en titane de 40,6 mm pour 14 mm de hauteur, un format prisé des collectionneurs. Le bracelet est également en titane.
Première Louis Moinet non limitée
Notons enfin que, pour la première fois depuis leur création, les Ateliers Louis Moinet ne limiteront pas 1816. Jean-Marie Schaller en a commandé les 500 premiers mouvements. La pièce serait proposée aux alentours de 28'000 CHF TTC, un prix remarquablement bas pour ce niveau d’excellence, d’originalité et de finition microbillée 3N, avec une charge mémorielle majeure : celle du premier chronographe de l’histoire.