Pour trouver un bon collector, le premier réflexe est souvent d’aller voir les enchères, les occasions. Démarche nécessaire, mais pas toujours suffisante. Parfois, les collectors de demain se cachent encore au sein des collections courantes. Il faut donc savoir concilier les deux regards, sur le neuf comme sur l’occasion.

Malte, la perfection souvent oubliée
C’est le cas chez Vacheron Constantin. En collection courante, derrière les stars que sont l’Overseas, la Patrimony ou la Traditionnelle, se cache la ligne Malte. Depuis plusieurs années, elle revient régulièrement sur le devant de la scène par l’entremise d’éditions capsules, les Excellence Platine. Toutefois, certains modèles permanents sont des collectors en puissance – et ce sont souvent les plus simples.
Il en va ainsi de la variation en or rose, avec heures, minutes et petite seconde. Cette Malte est l’une des rares montres contemporaines à mouvement de forme (dont le calibre est conçu selon la forme de la boîte). Elle certifiée Poinçon de Genève. Légèrement modifiée en 2012, elle n’a pas bougé depuis, ce qui témoigne de la perfection de ses lignes. Il est acquis que Vacheron Constantin lui offrira un jour une nouvelle jeunesse (tout comme Breguet songe sérieusement à relancer la cousine de la Malte, l’Heritage). Ce qui ne manquera pas de faire revenir les modèles actuels au sommet...

Conciergerie de luxe
Vacheron Constantin propose également un service assez unique qu’il faut régulièrement consulter : Les Collectionneurs. Le principe en est simple : la manufacture acquiert elle-même certaines de ses propres pièces vintage, les authentifie, les restaure, et les remet en vente. Il faut surveiller les entrées et sorties sur le site web de la maison. Certaines boutiques offrent aussi parfois un service similaire. Ces occasions sont rares mais précieuses, la manufacture ne traitant qu’avec des collectors de haut niveau. Mais c’est la garantie d’avoir une pièce patrimoniale de prestige, restaurée selon les règles de l’art, avec certificat d’authenticité.
Le mystère Harmony
C’était le dernier grand lancement signé de l’ancien CEO de Vacheron Constantin, Juan-Carlos Torres : l’Harmony. Nous étions au SIHH, ancêtre de Watches and Wonders, en 2015. L’homme s’était lourdement investi dans sa révélation, insistant à juste titre sur la perfection de ses lignes. Les mouvements n’étaient pas en reste : dual time, tourbillon, ou encore chronographe à rattrapante ultra-plat édité pour le 260e anniversaire de la maison. Ils étaient décorés pour certains de gravures fleurisannes, avec un procédé rare de masse oscillante permettant de voir tout le mouvement, le tout en boîtes or ou platine.

L’Harmony tutoyait les sommets. Hélas, le marché s’en est détourné. La mode se dirigeait alors vers le sport-chic seventies, au profit des Overseas, Royal Oak et autres Nautilus. La perfection mécanique et la pureté esthétique de la collection Harmony n’ont pas suffi. Elle a quitté les collections courantes aussi vite qu’elle y était arrivée.
C’est probablement l’une des plus flagrantes contradictions d’un marché toujours en quête d’authenticité, mais qui n’a pas su voir son incarnation parfaite qu’était l’Harmony. La plupart des modèles ont perdu 30% à 40% de leur valeur. Les rares exemplaires d’occasion permettent ainsi d’approcher la perfection horlogère de manière relativement abordable. Pour le moment...
