Cartier entre Tank et Panthère

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 Nouvelles Tank à Guichets - © Cartier
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Parcimonie et maîtrise. Après un long temps dévolu à la Santos, Cartier revient sur sa Tank. En parallèle, la Panthère réinvestit la place joaillère. Un magnifique bracelet Tressage se faufile entre les deux.

Le guichet est l’ouverture sur un cadran qui permet, en règle générale, d’afficher la date. Chez Cartier, rien de tout cela. Il n’y a plus de cadran, plus d’aiguilles. À la place : un carré, un arc de cercle. Le minimalisme absolu. La Tank retourne à un vocabulaire spartiate : la Tank à Guichets. 

La Tank joue à guichet fermé !

La première itération de la Tank à Guichets remonte à 1928. C’est un exercice de style comme Cartier les affectionne tant. Dans les années 1930, Cartier réalise quelques Tank à Guichets, toutes uniques. En 1997, à l’occasion des 150 ans de la Maison, une version en platine est éditée à 150 exemplaires. En 2005, l’esthétique Tank à Guichets entre dans la Collection Privée Cartier Paris avec 100 pièces en or rose.

Cette « Collection Privée Cartier Paris », que l’on appelait « CPCP », s’appelle aujourd’hui simplement « Cartier Privé ». Elle reprend ponctuellement des modèles de la maison en édition spéciale. La nouvelle Tank à Guichets de 2025 entre dans ce cadre. 

Cartier Tank, modèle platine, édition limitée à 200 exemplaires - © Cartier
Cartier Tank, modèle platine, édition limitée à 200 exemplaires - © Cartier

Quatre versions partageront le même calibre, le 9755 MC à remontage manuel, avec heures sautantes et minutes traînantes, spécialement développé pour ce modèle. La couronne de remontoir est, comme sur la montre originelle, placée à midi, une coquetterie que l’on voit davantage sur certains chronos de piste, ou quelques rares plongeuses. 

Trois modèles réalisés en collection limitée (mais non numérotée) arborent une boîte et un cadran en or jaune, rose et platine, avec guichets superposés à 12h et 6h. La version numérotée (200 ex) est en platine, avec guichets placés non plus sur la verticale 12h - 6h, mais sur l’oblique 10h - 4h. 

La Tank Louis Cartier s’agrandit

En parallèle, une seconde Tank voit le jour, elle aussi en collection courante. En 1922, Louis Cartier reprenait lui-même les lignes de son modèle originel de 1917. Il étire alors son cadran, arrondit ses brancards. Finalement, les deux modèles vont coexister et cette version revue par le maître prendra son nom, « Tank Louis Cartier ». Un siècle plus tard, la maison poursuit le travail de son fondateur et en propose une version révisée. Le modèle de 33,7 x 25,5 mm passe à 38,1 x 27,75 mm. Au poignet, le chemin de fer est plus long, les chiffres romains respirent mieux, les aiguilles bleuies « glaive » flottent avec une aisance renouvelée.  Cartier en propose d’ores et déjà deux variations, en or jaune ou en or rose, animées par le calibre 1899 MC créé en 2019 et que l’on trouvait déjà dans la Tank Américaine.

Nouvelle Tank Louis Cartier grand format © Cartier
Nouvelle Tank Louis Cartier grand format © Cartier

Un, dos, Tresse

Lorsqu’elle aborde la joaillerie, l’horlogerie se contente, dans la majorité des cas, d’en apposer les pierres précieuses sur ses composants : lunette sertie, cadran paré, bracelet pavé, couronne incrustée. Métal et pierre cohabitent, l’un sur l’autre.

Cartier a voulu revisiter ce modèle de coexistence. Certes, les limites de la physique restent indépassables : jusqu’à nouvel ordre, on peut difficilement fusionner or et diamant. Même les aventuriers de la fusion absolue, du côté de Nyon, n’ont jamais tenté de faire fondre...un diamant. 

Bracelet Tressage © Cartier
Bracelet Tressage © Cartier

Cartier a donc exploré une voie alternative : le tressage. Les deux matières restent adjacentes mais pour former un tout, unique, harmonieux, cohérent. Une sculpture horlogère homogène, au service du design et, en l’espèce, du bracelet. Ainsi est née celle que Cartier appelle, avec une simplicité désarmante, la Montre Tressage. Or et diamants s’enlacent en une magnifique double volute qui vient habiller le bracelet au profit d’une sculpture du temps de Haute Joaillerie. 

Double coup de griffe

En parallèle, la Panthère revient sur le devant de la scène. Cartier en propose deux interprétations. La première est un exercice de design : aux extrémités d’un large bracelet en or, le félin s’élance vers un cadran laqué noir à lunette pavée. On apprécie la tension du muscle de la Panthère, la fluidité de ses lignes et l’ingéniosité du dessin qui habille ce bracelet avec une sauvagerie contenue. L’exercice est élégant, parfaitement maîtrisé, et intemporel. 

Bracelet Panthère © Cartier
Bracelet Panthère © Cartier

Enfin, avec la montre Panthère, la pièce se libère de l’iconique félin pour n’en garder que le nom. Ces variations animalières de l’icône inspirent à Cartier un pelage abstrait, ni tout à fait zèbre, ni tout à fait tigre. C’est une composition graphique parcourue de motifs en laque noire et brun-doré, pavage de diamants, spessartites orange et jaunes. On note la cohabitation de pierres serties et de laque. L’entente peut sembler naturelle mais la laque exige une cuisson à haute température qui lui est propre, en marge du travail de sertissage sur un or dont la dilatation devient sensible lorsqu’il est chauffé. Un bel exercice de joaillerie que Cartier réalise en interne, au sein de sa Maison des Métiers d’Arts (MMA pour les intimes), sise à quelques encablures de sa manufacture. 

Montre Panthère © Cartier
Montre Panthère © Cartier
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