Ceci n’est pas une nouveauté (et pourtant...)

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L’UR-100V Magic T « Hunter Green » © Urwerk
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L’UR-100V titane s’offre un cadran « Hunter Green ». Quoi d’autre ? Rien. Les amateurs soupireront : « Tout ça pour ça ». Les collectionneurs savoureront au contraire la variation d’une pièce qui reste sans équivalent, fruit d’une marque qui atteint une puissante maturité.

Vert sapin, vert émeraude, vert anglais, vert fluo, vert anis ou vert menthe ? Ce qu’il y a de bien avec les nuances de couleurs, c’est qu’il pourrait potentiellement y avoir une infinité, selon la sensibilité rétinienne de chacun. Un dernier vert pour la route ? Le vert cendré ! 

C’est ce que nous promet la récente UR-100V « Hunter Green » signée Urwerk. La nouveauté ? Aucune, si ce n’est cette couleur. Et Martin Frei, directeur artistique et cofondateur d’Urwerk, l’affirme sans détour : « Nous nous amusons avec cette collection, nous la redécouvrons constamment à travers de nouvelles expressions ». Urwerk nous offre donc une dernière pause rafraîchissante avant - probablement - de dévoiler d’authentiques créations pour Watches and Wonders (31 mars - 6 avril). 

UR-100V Magic T © URWERK
UR-100V Magic T « Hunter Green » © URWERK

Des chiffres et des lettres

L’UR-100V Magic T « Hunter Green » doit voir son patronyme décortiqué pour bien la comprendre. UR-100 est la collection à satellites de facture classique à Urwerk, mais avec deux particularités, sous forme de deux compteurs annexes. Le premier affiche les 555 kilomètres parcourus par la Terre en rotation sur son propre axe, dans un laps de temps de 20 minutes. Le second représente les 35 740 kilomètres effectués par la Terre en révolution autour du Soleil, toujours en 20 minutes.

La lettre « V » signifie pour sa part que la montre repose sur une base provenant du motoriste Vaucher, qui a remplacé les premiers mouvements sur base Zenith, qui n’ont plus cours aujourd’hui. L’appellation « Magic T » indique quant à elle l’usage du titane (pour « T ») dans une finition propre à Urwerk : d’abord satiné, puis microbillé. Cette double finition est peu commune, et de surcroît délicate à mettre en œuvre sur du titane, dont la dureté ne facilite pas les opérations de décoration. Elle confère au titane une légère brillance pastel, appréciable pour un métal dont la nature est plutôt mate. Reste le « Hunter Green ». C’est une nuance de vert assez commune, mais non standardisée : il en existe de multiples variations. 

UR-100V Magic T « Hunter Green » © URWERK
UR-100V Magic T « Hunter Green » © URWERK

Rien de nouveau, et pourtant, toujours unique

L’UR-100V Magic T « Hunter Green » est donc une pièce emblématique d’Urwerk. Une pièce de continuité autant que de rupture. Pourquoi ? Parce qu’Urwerk va bientôt avoir 30 ans (en 2027) et sa légitimité n’est plus à démontrer. C’est un indépendant établi, reconnu, une composante à part entière des institutions horlogères (même si Felix Baumgartner et Martin Frei, cofondateurs de la marque, lutteront contre l’appellation « institution », mais, c’est un fait, Urwerk en fait aujourd’hui partie). 

Mais, dans le même temps, Urwerk préserve sa singularité et sa fraîcheur. Aucune marque n’a une telle expertise en matière d’affichage satellitaire. Son binôme fondateur est aux commandes depuis trois décennies, quand les CEO des grands groupes changent en moyenne tous les trois à cinq ans. Et Urwerk invente toujours des affichages inédits, de nouvelles complications, qui modernisent perpétuellement la représentation satellitaire. Progressivement, elle devient un classique de l’horlogerie (le mot « classique » étant combattu avec une fermeté identique par Baumgartner et Frei, mais, ne leur en déplaise, elle en est un !). 

UR-100V Magic T © URWERK
UR-100V Magic T « Hunter Green » © URWERK

L’UR-100V Magic T « Hunter Green » rassemble toutes ces propriétés. C’est une pièce pour collectionneurs matures, de la part d’une marque qui l’est également. Elle continue de faire vivre la marque et le modèle avec intelligence et créativité, sans révolutionner des fondamentaux qui sont aujourd’hui solides. Elle n’est pas indispensable. Ni au marché ni à Urwerk. Mais si elle n’était pas là, elle créerait un vide...qu’aucun autre modèle ne saurait combler. Et bien peu de montres pourraient en dire autant. 

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