De Bethune repense la météorite

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DB28xs Meteorite © De Bethune
Le cadran en météorite est un classique de l’horlogerie dont l’interprétation était jusque-là relativement figée. Heureusement arrive De Bethune qui en refond l’esthétique sans rien trahir de ses codes. Brillant, mais surtout parfaitement cohérent

Certaines habitudes sont tenaces. À tel point que l’on ne vient les interroger. Un exemple : les cadrans en météorite. L’usage est d’utiliser la matière quasiment en l’état, tout au plus en forçant quelque peu le contraste de ses lignes ferreuses à l’aide d’un quelconque révélateur chimique. Fin de l’histoire ? Pas pour De Bethune. On pourrait d’ailleurs s’étonner qu’une manufacture dont l’une des pièces phares s’appelle « Starry Sky » ait mis autant de temps à s’approprier un élément céleste comme la météorite. Mais aujourd’hui, la réflexion aboutit avec un véritable brio. 

Repenser le cadran météorite

Comme on l’attendait, De Bethune a rompu avec les usages. Comment ? Tout simplement en ajoutant un décor guilloché et des inclusions d’or pour figurer les fameuses étoiles du motif « Starry Sky », tandis que l’ensemble est traité de bleu. Ce sont ces trois modifications apportées à la météorite brute qui changent radicalement le paradigme de son usage : le précieux objet stellaire n’est plus la vedette intouchable que l’on place en majesté au centre du cadran. Il est un élément du décor parmi d’autres, au service de la narration esthétique de la marque. 

Le résultat, c’est une DB28xs « Météorite » d’une troublante beauté. L’œil n’est pas habitué à un tel travail sur la météorite. On en apprécie habituellement les rigueurs géométriques, le caractère assez froid de sa composition ferreuse. Rien de cela chez De Bethune. Le cadran est guilloché de vagues douces et libres, en surimpression des lignes droites qui traversent naturellement le matériau. C’est le même motif guilloché qui habille déjà la DB28xs « Starry Seas ». 

DB28xs Meteorite © De Bethune
DB28xs Meteorite © De Bethune

Figure fuyante

Étrangement, alors que l’on pourrait penser comme contradictoire la juxtaposition de lignes droites et obliques avec un guilloché ondulé horizontal, l’ensemble est aussi harmonieux que déroutant. L’œil cherche un point d’ancrage qu’il ne trouve pas. Probablement aussi parce que le guillochage est aléatoire, il est donc impossible d’y discerner une quelconque séquence. C’est une répétition de motifs qui s’enfuit. Un ordonnancement de formes qui n’existe pas. 

On se perd facilement dans ce décor cosmique, envoûtant, fuyant. Il n’est pourtant pas dénué du bon sens physique qui guide tous les travaux de Denis Flageollet : les ondes guillochées rappellent évidemment les ondes gravitationnelles, ou encore les vagues des marées générées par les mouvements de Lune. Faut-il le rappeler une fois encore : l’horlogerie est fille de l’astronomie. De Bethune décline ici cette filiation avec un talent rare, en une boîte en Zirconium anthracite mat de seulement 38,7 mm, dont l’aspect assez rude prolonge les reflets naturels de la météorite. 

DB28xs Meteorite © De Bethune
DB28xs Meteorite © De Bethune

L’univers en 7 mm d’épaisseur

Côté mouvement, cette DB28xs Météorite possède le même que les deux autres DB28xs (« Purple Rain » et « Starry Seas »). Il s’agit évidemment d’un calibre manufacture, riche de nombreuses innovations et brevets. On appréciera notamment celle relative au double barillet qui procure à la pièce la phénoménale réserve de marche de six jours, mais pas seulement : le balancier optimisé pour les changements de température et la pénétration dans l’air, la roue d’échappement en silicium, ou encore triple pare-chute d’absorption des chocs. Le tout dans une boîte qui a le bon goût de se contenir en seulement 7 mm d’épaisseur. À peine un filament d’étoile. 

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