Quand une maison horlogère chargée d’histoire rencontre une figure contemporaine, on se demande toujours ce que cela va donner. Jaquet Droz nous a prouvé à plusieurs reprises qu’il était à l’aise avec l’exercice. Rappelons que ses collaborations récentes avec les Rolling Stones et Bon Jovi ont donné naissance à des montres dans lesquelles ils se passent des choses très rockn’roll. Telle est bien la patte de l’horloger suisse : des cadrans hors normes, très souvent animés par un automate, et qui nous plongent dans un univers ultra réaliste d’une finesse incroyable grâce l’intervention de métiers d’art. En cette fin d’année, il n’est pas question de musique mais de baisers. L’heure n'est pas à rougir mais à une danse horlogère inédite aux côtés de Chantal Thomass.

Figure incontournable de la lingerie et de la mode parisienne, Chantal Thomass fait partie de ces créateurs qui ont défini le style de la femme des années 80 et 90. Depuis plusieurs décennies, elle imprègne la féminité d’audace, de fantaisie, de charme et d’extravagance. Des mots qui résonnent à l’oreille d’un horloger, Jacquet Droz. Comme bien souvent, l’histoire naît d’une rencontre. Il vient à l’idée du mannequin et vidéaste Satya Oblette qu’Alain Delamuraz, CEO de la maison, fasse la connaissance de Chantal Thomass, les deux ayant à ses yeux un ADN et un vocabulaire commun. La créatrice se rend à la Chaux-de-Fonds et se dit avoir été éblouie « par le travail des artisans, par ces faiseurs de merveilles dont la passion est palpable, tout autant que leur manière de donner vie à chaque détail ». « Toute collaboration doit être le fruit d’une émotion sincère. Avec Chantal, c’était une évidence » poursuit Alain Delamuraz.
Forcément lorsqu’il s’agit d’irrévérence, de disruption et d’imagination, Jaquet Droz et Chantal Thomass parlent le même langage. De leur rencontre est donc née une montre, une œuvre d’art où l’univers ludique et sensuel de la créatrice de mode rencontre la maîtrise technique des automates de la maison horlogère. « J’ai eu carte blanche ! Nous avons fouillé dans mes archives : dentelles, dessins, croquis, rubans, bijoux… nous avons cherché le fil conducteur. Je voulais du chic, du graphique, de l’hypnotique mais aussi de la poésie, de l’impertinence et une pointe de séduction. J’avais envie que « ma » gamme chromatique transparaissent dans cette pèce. Du blanc, du noir, du rose et évidemment du rouge, mais en touche seulement, et surtout mat, comme mon rouge à lèvres ! » raconte la designeuse.

Tout en noir et blanc, « La Ronde des Baisers » reprend ainsi les codes de Chantal Thomass et joue avec les textures et les volumes. Le style de la créatrice se retrouve dans un élément central hypnotique : un damier en marqueterie en trois dimensions, composé d’onyx noir et de cacholong blanc. Le clou du spectacle ? Un mobile en forme de spirale qui associe un premier disque noir brillant au sein d’un second disque serti de 376 diamants incrustés à la main. Le bouton poussoir à trois heures permet de lancer l’automate, et de faire ainsi tourner ce précieux disque qui scintille et reflète la lumière. Enfin, pour parfaire l’ensemble, Chantal Thomass a dessiné onze paires de lèvres de couleur rouge, ces baisers qui sont siens et qu’elle affectionne tant. Dix sont des appliques sculptées à la main et prennent place sur le mobile périphérique, la onzième trône à six heures, telle la signature de la créatrice, sous celle de Jaquet Droz à midi, et est survolée de deux aiguilles en or.

Dans l’univers Jaquet Droz, l’automate n’est pas qu’une démonstration de savoir-faire. C’est une véritable tradition héritée des inventions du fondateur de la maison, Pierre Jaquet-Droz, au XVIIIème siècle. Avec « La Ronde des Baisers », cette tradition prend une nouvelle fois tout son sens. L’automate est installé sous le cadran qui cache un double mouvement. L’un anime l’affichage des heures et des minutes, tandis que l’autre donne vie au disque rotatif. L’automate est capable de tourner pendant quatre minutes grâce à deux barillets qui lui sont propres, garantissant une animation toute en fluidité, sans compromettre la précision horlogère. Deux autres barillets intègrent le mouvement mécanique offrant une réserve de marche de 68 heures.

Comme toutes les pièces signées Jaquet Droz, « La Ronde des Baisers » est unique. Gravée de la signature manuscrite de Chantal Thomass sur la masse oscillante, « elle incarne l’idée que chaque création raconte une histoire, celle de la rencontre entre deux univers » précise Alain Delamuraz. Et parce qu’il s’agit avant tout d’une œuvre d’art, chaque détail a été pensé pour refléter l’élégance et l’audace. Du sertissage neige des diamants à la profondeur saisissante du damier au centre du cadran, tout témoigne d’une attention méticuleuse. « On y retrouve ma « bouche cœur », devenue ma signature, et cette gamme de couleur que je me suis appropriée dans mon travail et dans la vie. Mais également une certaine fémininité qui joue sur les codes masculins : un raffinement extrême dans un beau volume quasi XL ! La délicatesse de la dentelle est même suggérée par le ruban de diamants. Cette montre, c’est moi », affirme Chantal Thomass. Et on la croit sans mal. « La Ronde des Baisers » célèbre l’amour avec un grand A, celui du mouvement, et du temps qui passe avec légèreté. Elle illustre comment Jaquet Droz continue de surprendre en réinventant sans cesse son héritage. Dans cette danse à quatre mains entre mode et horlogerie, on sent vibrer l’âme des artisans, l’audace d’une créatrice et la magie d’un automate.