Le saviez-vous ? Le mot « masque » est emprunté à l’italien, qui a donné suite à deux branches lexicales : le masque à proprement parler, c’est-à-dire un déguisement ; mais également une signification moins connue : sorcière, spectre, démon. Un sens inhabituel que Jaquet Droz s’est récemment approprié pour sa Tourbillon Skelet Saphir – Bushidô.

Tremblez !
La pièce vient d’être dévoilée. Conformément à la stratégie « Disruptive Legacy » propulsée par le CEO de la maison, Alain Delamuraz, elle est unique et singulièrement puissante.
L’idée de cette création est de reproduire l’effet du masque sur les adversaires de guerriers japonais : terreur, effroi, crainte, mais en même temps révérence au code d’honneur des samouraïs et de ses traditions millénaires. Pour parvenir à cet équilibre, le masque du guerrier Bushidô n’hésite pas à emprunter certaines conventions graphiques aux dieux et démons du panthéon japonais.
Une première : le sertissage de perles de verre Murano
Sa traduction esthétique a fait appel aux talents des artisans de Jaquet Droz. Le masque est une applique en or, gravée et polie à la main. Son aire principale est peinte à la main, mais ses cornes sont en émail translucide.

Aucune surface du masque n’est plane : la gravure en creux de sa base en or rouge laisse ressortir yeux, nez et bouche, soulignés d’un trait d’or. On remarque une singularité. Une première pour Jacquet Droz, mais probablement aussi en horlogerie : un sertissage de perles de verre Murano. Alentour, les vis de fixation du masque sont habilement noyées dans sa décoration.
Une boîte saphir unique
L’applique affirme une présence visuelle très forte. L’objet vient littéralement à fleur de verre saphir. Il faut ici souligner le rôle fondamental de la boîte saphir, pour au moins deux aspects. Le premier : c’est une construction 100% Swiss Made. Le fait est suffisamment rare pour être souligné. D’usage, les boîtes saphir des montres suisses sont réalisées en des contrées beaucoup plus...tropicales. Pas chez Jaquet Droz, qui met un point d’honneur à travailler (vraiment) en 100% Swiss Made.
Second point notable : cette boîte de 42 mm est dépourvue de vis. Là encore, c’est rarissime dans le paysage horloger. La quasi-totalité des boîtes « 100% saphir » ne l’est généralement pas : fond, verre et carrure sont le plus souvent solidaires grâce à des inserts vissés. À nouveau, pas chez Jaquet Droz, seul atelier à s’en dispenser : les éléments constitutifs de la boîte sont chassés les uns dans les autres, sans vis, sans colle. L’exercice impose des tolérances d’une précision diabolique, à défaut de quoi l’étanchéité de la montre serait compromise. La finition est elle aussi un défi à la patience humaine.

Calibre endurant comme un guerrier
C’est au cœur de ce boîtier que bat un mouvement cher à Jaquet Droz. Il s’agit du calibre à remontage automatique 2625 SQ, pour Squelette. On y lit la griffe disruptive de la maison : facture et fondamentaux classiques du tourbillon, mais volonté de s’équiper du meilleur de la technologie horlogère contemporaine. On y trouve donc un échappement en silicium et, surtout, l’impressionnante réserve de marche de 8 jours, pas unique mais rare. C’est un mouvement commun à Blancpain qui n’a pas beaucoup d’équivalents, hormis chez Bovet, Daniel Roth, ou encore Patek Philippe.

Grâce à lui, les deux aiguilles rouges peintes à la main décompteront un temps suspendu entre guerre et paix, entre Orient et Occident, entre tradition et modernité, entre effroi et fascination. Une « Disruptive Legacy » en apesanteur, plus que jamais.