Le calibre 135, champion de précision, et son « méga » balancier

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G.F.J. © Zenith
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Pour son 160ᵉ anniversaire, Zenith fait renaître le calibre 135, véritable référence des concours d’observatoire. Retour chronologique et technique sur ce calibre d’exception.

La précision a toujours été au cœur des objectifs de Zenith. Pendant des décennies, cette quête a trouvé son expression ultime dans les concours de chronométrie des observatoires. Ces étapes incontournables du calendrier horloger de l’époque faisaient figure de véritables références en matière de précision horlogère. Dès 1897, l’expertise de Zenith dans le domaine des mouvements de haute performance lui permet d’accumuler de nombreuses récompenses.

Pluie de distinctions

Fabriqué entre 1949 et 1962, le calibre 135 gagne rapidement ses lettres de noblesse : sa version optimisée pour la compétition, le calibre 135-O, décroche cinq premiers prix consécutifs dans la catégorie montre-bracelet à l’Observatoire de Neuchâtel entre 1950 et 1954, un exploit sans équivalent dans l’histoire horlogère.

Victoire 5 ans d'affilée © Zenith
Victoire 5 ans d'affilée © Zenith

À l’occasion du 160ᵉ anniversaire de la marque, Zenith redonne vie à ce calibre légendaire en l’adaptant aux standards contemporains. Son architecture et son esthétique restent fidèles à l’original, mais plusieurs évolutions ont été apportées pour optimiser ses performances. Les deux modifications majeures sont l’utilisation d’un spiral Breguet et la modification de la roue de centre, permettant d’intégrer au calibre un balancier surdimensionné.

G.F.J. Caseback © Zenith
Dos de la G.F.J. © Zenith

Les avantages d’un balancier surdimensionné pour un calibre d’observatoire

Modif : Plongeons maintenant dans la technique : pourquoi opter pour un balancier surdimensionné dans un calibre d’observatoire ? Quel impact le balancier a-t-il sur les performances chronométriques ?

(Plongeons maintenant dans la technique, pour comprendre le rôle crucial du balancier surdimensionné en matière de performances.)

Pour rappel, le balancier est l’organe réglant d’une montre. En oscillant, il divise le temps en intervalles égaux, ce qui permet au mouvement de donner l’heure.

L’oscillation du balancier dépend de deux éléments essentiels : la force de rappel exercée par le ressort spiral et l’inertie du balancier lui-même. La rigidité du spiral est caractérisée par une constante C. Plus le spiral est rigide, plus la constante C est grande.

De son côté, le balancier possède une résistance naturelle aux variations de vitesse, appelée moment d’inertie I. Ce moment d’inertie dépend de la masse M du balancier et surtout de son rayon R : plus ce diamètre est grand, plus l’inertie est élevée.

© Eliot Aviat
© Eliot Aviat

Il est possible d’établir l’équation du mouvement du balancier : 

© Eliot Aviat
© Eliot Aviat

Dans cette équation apparaît la fréquence d’oscillation f du balancier : 

© Eliot Aviat
© Eliot Aviat

En définitive, l’augmentation de la taille du balancier réduit la fréquence des oscillations. Pensez à une patineuse artistique tournant sur elle-même : elle tourne plus vite les bras le long du corps qu’en levant les bras.

Une fréquence faible de 2,5 Hertz

Le balancier surdimensionné du Calibre 135 va donc de pair avec le choix d’une fréquence d’oscillation faible de 2,5 Hz, là où les montres contemporaines ont une fréquence comprise entre 3 Hz et 4 Hz. À titre de comparaison, le célèbre calibre El Primero de Zenith également, capable de mesurer des temps au centième de seconde près, possède une fréquence de 10 Hz. Ce choix fait également écho aux montres mécaniques anciennes et montres de poche, où cette cadence était souvent privilégiée pour sa régularité.

Les multiples atouts du Calibre 135

De plus, un balancier surdimensionné encaisse mieux les chocs. En effet, un balancier plus large permet de placer davantage de vis d’équilibrage, offrant ainsi un réglage plus fin. Une grande inertie rend les oscillations moins sensibles aux petites fluctuations d’énergie, ce qui stabilise la fréquence d’oscillation et améliore ainsi la régularité du mouvement.

Vis d'équilibrage © Zenith
Les vis d’équilibrage sont placées tout autour du balancier. © Zenith

Un autre ajout clé est le mécanisme stop-seconde, qui permet d’arrêter instantanément le balancier lorsque l’on tire la couronne, permettant ainsi un réglage à la seconde près. Une fonctionnalité particulièrement précieuse pour un chronomètre de haute précision.

De la substance horlogère et de l’allure !

Au-delà de son excellence technique, la G.F.J se distingue par une esthétique raffinée. Son boîtier en platine de 39 mm lui confère une présence forte au poignet, tandis que le cadran en lapis-lazuli bleu profond, d’une rare intensité, offre un jeu de nuances unique à chaque exemplaire. Le guilloché "brique" du cadran rend hommage à la façade de la Manufacture Zenith et à son fondateur Georges Favre-Jacot, dont les initiales GFJ apparaissent subtilement dans le motif. Le compteur des secondes en nacre crée un contraste délicat avec le reste du cadran et apporte une touche de douceur. Édition limitée à 160 exemplaires.

G.F.J. © Zenith
G.F.J. © Zenith

Avec la renaissance du calibre 135, Zenith réaffirme son engagement envers l’excellence horlogère et la quête de précision qui façonnent son histoire depuis 160 ans. Bien plus qu’une simple réédition, la G.F.J incarne un équilibre subtil entre tradition et innovation, rendant hommage à la vision de son fondateur, Georges Favre-Jacot. En alliant savoir-faire historique et avancées techniques, Zenith consolide son statut de référence en chronométrie et prouve que l’histoire de la haute horlogerie continue de s’écrire avec audace et respect des traditions.

48’900 CHF 
 

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