« Qu’est-ce qu’on en est fier... ». En cette dernière semaine de février, à l’heure où toute l’industrie affûte ses armes pour Watches and Wonders, Thomas Baillod, fondateur de BA111OD, n’a pas le temps d’attendre une première question pour donner son avis sur la nouvelle version de son Chapitre 7. La pièce était en effet déjà disponible en une première mouture, aujourd’hui épuisée. Pourquoi en sortir une seconde ? « Parce que nous pensions que nous pouvions faire mieux ». Ce qui, pour l’entrepreneur, signifie ajouter plus de valeur à son produit, pour le même prix.
Chirurgie esthétique
Le renouveau du Chapitre 7 s’est fait en deux temps. D’abord, une refonte esthétique. « Nous avons réduit l’épaisseur de 6/10e. Nous avons également retravaillé la manière dont cette épaisseur était distribuée entre boîte, bracelet et lunette. De celle-ci, nous avons d’ailleurs aussi diminué le volume. Ensuite, nous avons apporté du satiné sur le côté, légèrement rétréci l’épaisseur de la couronne, et revu le design du cadran en une version plus épurée ». En résumé, un ensemble de retouches chirurgicales mais qui, mises bout à bout, impriment une nouvelle direction esthétique foncièrement différente de la variante sortie il y a 18 mois.

Certification Chronomètre : un peu d’histoire
Ensuite, il y a eu le choix de la certification Chronomètre. Rappelons ici qu’un chronographe est une pièce capable de mesurer des temps courts, alors qu’un chronomètre est une montre possédant au moins trois aiguilles (heure, minutes, secondes) dont la précision de fonctionnement doit être de -4 à +6 secondes / jour.
Pour attester de cette performance, il existe plusieurs organismes indépendants. Le plus connu est le COSC, pour Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres. Mais dans la mesure où la certification repose sur une norme ISO, d’autres instituts peuvent eux aussi offrir le précieux label sous réserve qu’ils suivent la même norme ISO. C’est le cas de différents observatoires, comme à Besançon, ou de la Fondation Timelab qui, in fine, permet d’obtenir la certification de l’Observatoire Chronométrique de Genève.

Un choix contre-intuitif ?
La décision de décrocher un tel sésame n’allait pas de soi pour BA111OD. Déjà, parce que la valeur perçue qui guide la mise sur le marché de montres accessibles est ici inexistante. Porter un chronomètre certifié, cela ne se voit pas. Ensuite, parce que BA111OD utilise des mouvements qui ne sont pas les siens, ce qui ne permet pas d’en garantir soi-même la précision. « Mais nous avons ici travaillé avec Soprod, qui a fait un réglage optimal de chacun des mouvements qu’ils nous ont fournis ».
Par ailleurs, la certification Chronomètre prend du temps : pour le réglage des mouvements, pour la certification par Timelab, et pour les flux logistiques entre les deux. Enfin, l’opération a un coût, certes minime (qui serait de CHF 50.- pour une seule montre au COSC), mais non moins incompressible et qui s’impute au prix client final, auquel BA111OD est particulièrement vigilant.
« Un nouveau monde »
Mais, comme le rappelle le CEO, « seulement 15 % des montres Swiss Made sont certifiées chronomètres. Obtenir ce label, c’est entrer dans un nouveau monde. C’est aussi répondre à la demande de certains de nos clients. Et c’est enfin faire ce que personne n’avait jamais fait à ce niveau de prix » (CHF 760.- sur bracelet caoutchouc et CHF 820.- sur bracelet acier).

Ce prix est-il « le plus bas au monde pour un chronomètre certifié », comme le souffle Thomas Baillod ? Vérification faite, le Chronomètre le plus proche semble se trouver chez Tissot, mais effectivement à CHF 775.-, soit 15 Fr. plus cher que le Chapitre 7 de BA111OD.