RM 65-01 McLaren W1 : hypercar en boîte

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RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille
Quatrième chapitre de la collaboration entre McLaren et Richard Mille, cette RM 65-01 est un concentré de haute technologie horlogère. Son mouvement est de longue date au catalogue RM. En revanche, sa construction de boîte recèle quelques surprises

Huit ans de collaboration, quatre modèles : les amateurs de sensations fortes doivent se montrer patients pour découvrir les réalisations qui unissent McLaren à Richard Mille. Pour le premier, la nouveauté est de taille : la McLaren W1, avec 1241 ch pour deux millions d’euros, entend bien croquer du cheval cabré comme de l’hypercar alsacienne (Ferrari et Bugatti). Pour le second, il s’agit de perpétuer l’esprit racing et technique de son fondateur, aujourd’hui (presque) retraité de la marque qui porte son nom. 

McLaren W1 © McLaren
McLaren W1 © McLaren

Richard Mille part toutefois d’une feuille qui n’est pas tout à fait blanche. Le chronographe à rattrapante dont il est ici question n’est pas une première. La maison des Breuleux en a produit plusieurs. De la RM 004, puis la 008, la 50-03 (qui était déjà réalisée avec McLaren), jusqu’à la première présentation d’une RM 65-01 en 2020, à ses nouvelles versions colorées de juin dernier, cette RM 65-01 « Mc Laren W1 » poursuit une longue tradition de chronographe « split seconds ». 

Un calibre éprouvé

Fondamentalement, la mécanique de la pièce ne change pas véritablement. On retrouve un chronographe à rattrapante tricompax de configuration assez classique. Au centre, les heures et minutes, ainsi que les deux aiguilles des secondes. À 9h, le compteur pour les 12 heures. En vis-à-vis, à 3h, le compteur pour les 30 minutes. La marche est fermée avec la petite seconde à 9h. 

RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille
RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille

L’ensemble est complété de deux dernières indications : la grande date à 10h30, et le sélecteur de fonctions à l’opposé, à 4h30. Ce dernier permet de choisir W pour « Winding » (remontage), D pour « Date » et H pour « Hand-Setting » (réglage de l’heure). Le choix est opéré par une roue à colonnes, raison pour laquelle le mouvement en comporte deux : une pour le chronographe à embrayage vertical de manière tout à fait conventionnelle, et une seconde pour ce sélecteur de fonctions. Enfin, comme pour les versions précédentes, le remontage du barillet ne se fait pas en tournant la couronne, mais en exerçant une pression sur un poussoir dédié.

RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille
Assemblage de la RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille

Ingénieuse double lunette

En revanche, la construction de la boîte se distingue des versions précédentes.  Cette RM 65-01 McLaren W1 ne comporte pas une, mais deux lunettes superposées. La première, en carbone TPT® cher à Richard Mille (qui en possède l’exclusivité en horlogerie) repose sur une seconde lunette en titane grade 5, satinée et polie, dont l’épaisseur n’excède pas un demi-millimètre en son point le plus fin. La marque souligne que sa « conception a nécessité neuf mois de travail et huit prototypes ». 

Disposer de deux lunettes dissociées permet deux choses. La première, offrir des finitions différentes, ce qui contribue à l’esthétique générale de la pièce et démontre un savoir-faire de haut niveau. La seconde : la lunette supérieure peut adopter une géométrie distincte de la lunette inférieure. Et c’est exactement ce qu’a fait Richard Mille, en profilant la première selon les courbes de la McLaren W1. L’idée est astucieuse et ouvre un chemin esthétique qui pourra probablement être reconduit pour des modèles ultérieurs.

RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille
La double lunette © Richard Mille 

Nouvelle construction de boîte

Enfin, autre innovation technique dans la construction de la boîte : elle n’a plus de cercle d’emboîtage. Le mouvement est fixé directement au châssis par des silentblocs en caoutchouc et des vis en titane. On retrouve la volonté de l’horloger de produire des pièces à toutes épreuves. Ce n’est en effet pas la première fois qu’il aborde des solutions disruptives pour que le mouvement reste le plus à l’abri des chocs extérieurs. On se souvient notamment de sa RM 53-01, conçue pour le joueur de polo Pablo Mac Donough : son mouvement était suspendu dans le vide, et relié à la boîte uniquement par des câbles. 

RM 65-01 « Mc Laren W1 » © Richard Mille
La nouvelle construction de la boîte © Richard Mille 

Dans la RM 65-01, plus de câbles, mais des coussinets d’absorption des chocs et vibrations. L’idée est astucieuse, mais exige probablement une maîtrise technique que peu de marques peuvent revendiquer. Richard Mille entend toutefois réaliser ce nouveau missile sol-sol horloger à 500 exemplaires, comme l’était par le passé sa deuxième collaboration avec McLaren, la RM 11–03, elle aussi produite à 500 exemplaires en 2018. 

Le prix de la pièce n’a pas été communiqué, mais devrait, selon des sources concordantes, se situer aux environs de 320’000 Fr.

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