Toutes les marques horlogères ont leurs codes. Mais rares sont celles qui ont une couleur identitaire, associée à leur patrimoine. C’est le cas de Louis Vuitton. Le malletier français possède ces deux tons bruns qui habillent ses malles et son monogramme depuis plus d’un siècle.
Sobriété safranée
Ce sont ces registres chromatiques que deux des trois nouvelles montres Tambour abordent aujourd’hui. La première est la plus précieuse. Son boîtier est façonné en or jaune, serti de 48 saphirs. Leur couleur n’est pas commune ni laissée au hasard : ils sont safran, soit la tonalité la plus proche de celles du cuir à monogramme Vuitton. Notons une seconde singularité : si c’est bien la lunette qui est sertie, comme c’en est l’usage horloger, elle ne l’est pas sur sa face supérieure, mais latérale. Le sertissage est donc plus discret, presque réservé à son seul propriétaire.

Côté cadran, le saphir safran est également présent, mais partage le prestige de l’artisanat avec une composition de 12 segments d’onyx formant la minuterie, puis d’une partie centrale aussi en onyx qui accueille le tour des 12 heures marquées de saphir. La marche est fermée par une petite seconde à 6h. Le jeu de nuances est d’une belle complexité. L’association du noir profond et de l’or jaune se rencontre en quelques occasions (Cartier, Chanel), mais le liant que constitue le saphir safran est peu commun, voire unique. Sa disposition sur le flanc de la lunette l’est aussi. Un précieux exercice de style limité à 30 exemplaires.
Cap sur la céramique
La seconde variation sur tons Vuitton explore une voie bien différente, jouant cette fois sur le matériau. La nouvelle Tambour est réalisée en céramique brun Vuitton, réhaussée côté cadran d’aiguilles et d’index en or rose. Le bracelet est lui aussi façonné en céramique, articulé autour d’inserts or ro rose également.
Dans les deux cas, boîte et bracelet, la technicité de la pièce se joue sur ses finitions. La céramique est utilisée pour sa résistance aux chocs et rayures mais c’est aussi, par voie de conséquence, un matériau particulièrement ardu à terminer. Vuitton offre pour autant à sa Tambour un bel éventail de finitions. Sur la seule lunette, on en note trois ; partie supérieure satinée circulaire, pourtours polis, et flancs sablés gravés des 12 lettres « LOUISVUITTON » polies. Une pièce de 40 mm sobre et distinguée, non limitée stricto sensu, mais dont la production et la finition seront par nature réduites à peu d’exemplaires annuels.

Disque de platine
Pour sa troisième création, Louis Vuitton joue une partition plus éclatante. Boîte et bracelet sont en platine. Mais la préciosité ne s’arrête pas là, puisque la pièce affiche également un sertissage latéral de sa lunette, ainsi que des index des heures, de style « rainbow ». Plusieurs dizaines de saphirs verts, bleus, violets, roses, fuchsia, orange et jaunes dessinent ainsi un arc-en-ciel resplendissant. La boîte de 40 mm n’a que 8,3 mm d’épaisseur, ce qui lui confère une juste sobriété qui la prémunit d’un luxe trop ostentatoire.

Enfin, limitée à seulement 50 exemplaires, cette nouvelle Tambour dissimule un secret : à l’abri des regards, un saphir safran de 1,6 mm incrusté dans le fond de boîte indique la présence de platine, à l’image du diamant visible à 6h pour toutes les Patek Philippe aussi en platine.